Auteur/autrice : laurentpailhes

  • Muzzart, Chronique de Will Dum

    Muzzart, Chronique de Will Dum

    Adepte de la chanson rock teintée de spoken word, Lo Pailhès a déjà derrière lui un parcours riche, passé entre autres par le rock aux formes multiples. Dessinateur aussi, il s’essaye depuis 2013 à l’effort solo. Avec ce Echos, il donne un bel aperçu de ses aptitudes, textuelles, musicales, en livrant un essai expressif. L’album fait suite à 2 ep’s, A Phu Quoc instaure déjà une urgence, un genre aussi stylé qu’hérissé. Le mot est vrai, on ne triche pas; c’est la vie qu’on décrit. Musicalement, c’est accompli, riche sans être chargé.

    De fait, on adhère et rares seront les moments où l’on flanche. Riffs crus, verbe entraînant (Le train, excellent), incrustes électro jamais de trop (Capitaine); les idées porteuses abondent. Echos raconte des histoires, sans raconter d’histoires, et stimule l’imaginaire. L’ornement est de choix, Lo Pailhès oscille adroitement entre finesse et rudesse.

    Constats sociaux lucides (Du nouveau?), trame ludique faite de sons qu’on estimera (Je vous écris), fond racé élèvent un disque de qualité certaine. Celui-ci n’ennuie jamais, son créneau “chanson” s’avère large et habilement serti. Le rendu dépasse d’ailleurs allègrement ce format. Je ne pourrais pas vivre à Berlin Est, prétend t-il dans l’une de ses chansons; peu importe car ladite plage, magnifique, nous prouve qu’en son lieu actuel, il est musicalement à sa place. Quoiqu’à Berlin, en “glaçant” son registre, peut-être atteindrait-il d’autres cimes, après celles tutoyées ici. Mais ceci n’est que supputation de ma part.

    Pour l’heure, il nous reste Echos, qui mériterait de trouver…écho, justement, au sein de notre scène. Avec des titres de la trempe de Grisaille (Berlinoise?), ou How it is et sa subtilité attachante qui vite s’anime, ça ne serait que justice. En outre, il tient bon la barre jusqu’à ses derniers instants; Nos Afriques, fait d’une pop-folk sautillante et saccadée, puis pour finir un Lève-toi taillé dans un rock bluesy assez rugueux, de taille, parachevant un disque aux vertus indéniables.

    Will Dum

    29/05/2019

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  • Blues again, Le blues dans tous ses états, chronique de Christian Casoni

    Blues again, Le blues dans tous ses états, chronique de Christian Casoni

    On va y aller mollo. De quoi s’agit-il ? De chansons à texte. En tout cas, poétiques. Ou alors, de nouvelles arrangées en charades et mises en rock. Voilà, c’est plutôt ça. Des textes littéraires déclamés sur des emballements de batterie, des ondulations de basse, quelques riffs, power chords, arpèges bien ficelés, contrechants de guitare, et une voix qui porte.

    Pailhes vit à Marseille, ce que trahit parfois une toute petite pointe d’accent, comme ces accords suspendus trahissent son initiation par des groupes de rock. L’album, qui a démarré dans l’incantation, s’ouvre peu à peu à la mélodie. L’auteur, car c’en est un, commence alors à chanter pour de bon, et ses guitares aussi.

    Les textes parlent de mouvements de court terme, moyens de locomotion, bateaux, trains, débarcadères, passagers, exotismes intérieurs, et du surplace de long terme auquel sont condamnés les vivants, d’horizons aspirants et de haine des murs : « Je ne pourrais pas vivre à Berlin Est/ J’aurais trop peur que, du jour au lendemain, ils reconstruisent un mur/ Je devrais alors me salir les mains/ A creuser un tunnel improbable/ Pour courber le sens du futur ». Dans ce jeu, le hasard est un atout instable (« Il aime confier la barre à la chance qu’il n’aura pas/ La chance, ce n’est pas non plus le trait caractéristique/ De ces milliers de gens qui se trouvaient ce soir au même endroit »).

    Tout le mérite d’une œuvre de ce genre, c’est sa franchise et le risque qu’elle sous-tend. Autant de témérité pouvait finir dans un écrabouillage d’autant plus cuisant que l’auteur se dépoile sans protéger ses arrières. Pailhes fonce tout droit, il a ses deux potes avec lui, Vincent Ouriet le bassiste et Jules Pelletier le batteur, il sait qu’à un moment, ses déclamations littéraires vont s’élever vers la chanson et que la mélodie viendra comme un sacre.

    Et puis, combien de chansons rock ont le culot de commencer par des vers de 26 pieds ? « Sur un siège usé d’un train à grande vitesse nous ramenant à la période de nos trente glorieuses/ Dont la seule évocation entraîne des mélodies d’époque encore si actuelles pour nous qui les avons connues »

    Christian Casoni

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  • Zicazic, Chronique de Fred Delforge

    Zicazic, Chronique de Fred Delforge

    Il a pris ses marques dans le paysage rock national en fondant The Black Radish en 1994 et en écumant les bars et les scènes underground parisiennes puis c’est du côté de Marseille qu’il partira prendre part à l’aventure Aeroflot dont il sera l’auteur et le chanteur.

    Démarrée en 2013, la carrière solo de Lo Pailhès l’entrainera entre rock et chanson à la découverte de beaux espaces où il expose ses dessins tout en interprétant ses chansons … Deux EP en 2014 et 2016 finiront par convaincre le chanteur et guitariste qu’il était temps de se fendre d’un véritable album, ce qu’il a fait pour le printemps en compagnie de Vincent Ouriet à la basse et Jules Pelletier à la batterie qui déposent un terreau fertile dans lequel une douzaine de chansons rock ne tardent pas à pousser et à prendre toute leur ampleur.

    Dans sa poésie rock pleine de sens, Lo Pailhès met une grande part de lui-même mais aussi quelques belles influences parmi lesquelles on pourrait citer Johnny Cash, Lou Reed ou encore Bob Dylan, mais dans une version francophones puisque à l’exception d’un titre, « Echos » se décline dans la langue de Baudelaire, et avec une forme de spleen qui colle bien à l’ambiance s’il vous plait.

    Quelques apports d’electro pour mieux rappeler qu’il a appartenu à un trio jungle rock et voilà Lo Pailhès qui vient nous déclamer des textes dans lesquels on trouve une grappe de Bashung, un trait d’Arno et une grande rasade de Thiéfaine, des titres comme « A Phu Quoc », « Qu’elles montent toutes », « Ami », « Grisaille » ou encore « Nos Afriques » qui n’en finissent plus de déposer des ambiances quelque peu oppressantes et des couleurs surprenantes dans une platine qui ressort forcément totalement imprégnée par tant de bonnes choses.

    A essayer d’urgence !

    Fred Delforge
    15/05/2019

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  • Nawak Posse, Chronique de Blytch

    Nawak Posse, Chronique de Blytch

    LO PAILHES – Echos

    Après 2 EP, il semblait temps pour LO PAILHES de nous faire parvenir son premier album tels des  » Échos  » à ceux-ci. La dualité entre le rock, plus ou moins affirmé ou détendu, et les approches vocales de la poésie textuelle de l’artiste, soufflent une bourrasque de fraîcheur vers nous.

    Plus encore quand il officie davantage dans le parlé. En ressortant un rock slam parfois assez calme,  » Du nouveau ? « . Parfois avec davantage de puissance rock, comme durant  » Ami « , qui nous veut notamment du bien lorsque LO PAILHES passe à un chant très enlevé, pour délivrer des séquences pêchues très accrocheuses.

    Nous portant vers le dément  » Je vous écris « , avec un côté scratch auquel l’on ne s’attendait pas du tout. Les chansons défilent et continuent de varier les ambiances, à l’instar de la délicate  » How it is  » et son piano porteur d’entrée.

    Ou encore la puissance du morceau final  » Lève-toi « , pour conclure en fanfare les  » Échos  » de LO PAILHES.

    Blytch

    29/05/2019

    Pour lire l’article sur le site de Nawak Posse, cliquer ici

  • La Magic Box, toute l’actualité du Pop Rock Indé, chronique de Mike S.

    La Magic Box, toute l’actualité du Pop Rock Indé, chronique de Mike S.

    DES ECHOS DE LO PAILHES

    Après deux EP 7 titres sortis successivement en 2014 et 2016, le chanteur marseillais Lo Pailhes s’attelle cette fois à un long format de 12 titres, dans lequel il capitalise toute l’expérience de ses précédents opus, au travers de balades Rock aux textes poétiques inspirés par des voyages réels ou imaginaires, mais toujours invocateurs d’émotions pour l’auditeur.

    Bien que souvent chanté en français, l’album baptisé Echos, fait appel à des références musicales outre atlantiques, telles que Bob Dylan ou Lou Reed. Le titre Je ne pourrais pas vivre à Berlin Est fait d’ailleurs un peu « écho » dans nos mémoires à l’album superbe et mythique de Lou Reed, Berlin.

    Avec des textes attachant comme surent les écrire Yves Simon ou Gérard Manset dans les 70’s, autres grands voyageurs de l’imaginaire. L’album est sorti le 29 mars 2019 (Tunecord).

    par Mike S.

    17/05/2017

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  • Paris Move, Chronique de Dominique Boulay

    Paris Move, Chronique de Dominique Boulay

    Le garçon a débuté artistiquement parlant en 1992 au sein de différentes formations avant d’entamer une carrière solo en 2013. A son actif, 2 EPs de 7 titres, “Du Nouveau” en 2014 et “Surprise” en 2016, et la sortie de son premier LP, “Echos”, aujourd’hui. Un album de 12 morceaux dont il a composé les mélodies et les textes, excepté “Nos Afriques”, dont le texte est de Pierre Michel (professeur agrégé de lettres et universitaire toulonnais).

    C’est dire que le garçon a non seulement un talent certain pour composer et arranger de belles musiques, mais qu’il a également “une plume”, pour écrire des chansons aux paroles qui portent et vous touchent, comme “Je vous écris” ou encore “Je ne pourrais pas vivre à Berlin Est”. Lo PAILHES joue en trio, accompagné de Vincent Ouriet à la basse et de Jules Pelletier à la batterie. Lui est aux guitares électrique et acoustique, aux voix, aux arrangements et aux samples. C’est Alex Serieis qui s’est occupé de l’enregistrement et du mixage. C’est au Studio Medusa de Marseille que le tout a été enregistré.

    “Echos” est un album qui a une couleur, une tonalité. Avec des chansons rock à texte souvent interprétées sur des mélodies sombres et minimalistes, qui confèrent à l’ensemble un certain style… Un style certain!

    Lo PAILHES chante aussi bien en anglais qu’en français, et l’originalité de sa façon de vous livrer les paroles de ses chanson en version “parlée – chantée” est vraiment expressive. A découvrir et à écouter attentivement, oui, attentivement, car cet album n’a rien à voir avec les stupidités débitées trop souvent et depuis trop longtemps à longueur d’ondes…

    Un grand Monsieur vient de pousser la porte du rock chanté en français, et il s’impose avec talent. Indiscutablement!

    Dominique Boulay

    17/04/2019

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  • Nouvelle vague, Chronique de Céline Dehédin

    Nouvelle vague, Chronique de Céline Dehédin

    Des mélodies rock et incisives, Lo Pailhès revient cette année avec son nouvel album intitulé « Echos ».

    « A Phu Quoc », en introduction de l’album fleure bon le voyage, au son de la guitare électrique.

    Poète mélancolique, Lo Pailhès, délivre son spleen baudelairien.

    Un périple doux amer, qui emmènera l’auditeur dans un road trip entre songe et réalité. « Le train », qui chemine est une métaphore sur le sens de la vie, là encore les arrangements y sont subtils. « Qu’elles montent toutes », sonne blues, et parle des femmes, sensuelles, uniques, dangereuses, une bien belle ôde à la gente féminine.

    Une pointe d’électro sur « Capitaine » s’invite sur le disque. Lo Pailhès, à travers « Je ne pourrais pas vivre à Berlin Est », vous embarque dans des souvenirs, écorchés et tristes, sur une délicieuse mélodie de guitare folk.

    Digne successeur de Lou Reed, il n’a rien à envier à ce dernier, tant son rock est comme lui, stylé et authentique !

    Céline Dehédin

    15/04/2019

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  • Textes – Album Echos

    Textes – Album Echos

    A Phu Quoc

    A Phu Quoc, je suis devenu fou
    A cause de ces arbres trop piquants
    Et de ces coqs en cages
    Qui me dévisageaient

    A Phu Quoc, je t’ai cherché partout
    J’ai balayé la piste rouge
    Fui la poussière des pièces vides
    Dans un taxi climatisé

    A Phu Quoc, je me suis mouillé jusqu’au cou
    Avec des gens très haut placés
    J’ai goûté tous ces fruits étranges
    Sur une île en tôle ondulée

    I can’t hear your soul
    I can’t hear your soul
    Non loin, non loin d’ici

    A Phu Quoc, j’ai vu le mont Ventoux
    Et des vaches qui jouent au ping pong
    Et des parterres de poivre orange
    Parfumés, abandonnés

    A Phu Quoc, des poissons sèchent debout
    D’autres bougent au bout du fil
    Je n’ai rien demandé en échange
    J’avais bu trop d’eau salée

    I can’t hear your soul
    I can’t hear your soul
    Non loin, non loin d’ici

    A Phu Quoc, je suis devenu saoul
    A trop faire de tour de piste
    J’ai cru me baigner dans le Gange
    Près d’un palmier déraciné

    Tout est ensuite devenu flou
    J’ai voulu devenir bouddhiste
    On m’a fait revêtir un change
    Au pied d’un drapeau étoilé

    I can’t hear your soul
    I can’t hear your soul
    Non loin, non loin d’ici

    Le train

    Sur un siège usé d’un train à grande vitesse nous ramenant à la période de nos trente glorieuses
    Dont la seule évocation entraîne des mélodies d’époque encore si actuelles pour nous qui les avons connues.
    Nous marchons, en équilibre, sur un fil, d’autres tombent mais nous marchons.
    Nous vacillons parfois, l’exercice est périlleux et cauchemardesque pour celui qui nous observe de plus loin.
    Ces trains roulent encore et leur déplacement s’apparente à une forme d’immortalité grecque suggérée en l’espèce par un objet toujours en mouvement.

    Nous les empruntons, nous voguons toujours sur ce fil de soie qui se déroule comme par magie devant nous.
    Une odeur caractéristique de tissu suranné et surexploité nous rappelle que le temps a passé
    Mais le train continue sa route, ou devons-nous plutôt parler de voie
    Mais le train continue sa route, ou devons-nous plutôt parler de toi
    Moi, je n’ai plus rien aujourd’hui que tu t’en vas
    Moi, je n’ai plus rien aujourd’hui.

    Le véhicule a trouvé sa voie, dès le début. On l’a posé là, et c’était fait. Pas de question. C’était parti pour au moins trente ans. Ça roule, ça déroule, toujours pareil, toujours fidèle, presque toujours à l’heure. Miraculeux.
    Et nous, pauvres frêles apprentis en quête d’un destin que la grande vitesse permet de rapprocher. Nous sommes là, et ça fonctionne toujours. Incroyable.
    La vitesse raccourcirait l’effet du temps. Cela doit pouvoir se vérifier dans une des théories quantiques.

    Et les seuls indices qui nous restent de ce passage sont un accoudoir défait, des rayures démodées et l’absence de prises de courant en nombre suffisant.
    On a pigé le truc et on continue de jouer parce que le train laisse des marques invisibles mais indélébiles dans nos cœurs.
    Mais le train continue sa route, ou devons-nous plutôt parler de voie
    Mais le train continue sa route, ou devons-nous plutôt parler de toi
    Moi, je n’ai plus rien aujourd’hui que tu t’en vas
    Moi, je n’ai plus rien aujourd’hui.

    Qu’elles montent toutes

    Brune aux longues jambes en première classe à dix heures
    Blonde aux bas noir au regard qui interroge
    Des doigts fins zélés un peu timides
    Et des courbes aux virages dangereux

    Qu’elles montent, qu’elles montent toutes
    Qu’elles montent, qu’elles montent toutes

    Qu’elles montent l’escalier en colimaçon
    Qu’elles s’attardent pas trop longtemps dans ce qui me sert de salon
    Qu’elles entrent toutes sans frapper dans la pièce à côté
    Qu’elles prennent entre leurs doigts ma bouche enflammée et gercée
    Par de longs moments d’hiver, d’hiver

    Qu’elles montent, qu’elles montent toutes
    Qu’elles montent, qu’elles montent toutes

    Belle classique avec un pardessus à mi-hauteur
    Grands yeux noirs qui à eux seuls engloutissent le regard
    Visage surligné avec soin pour mieux paraître
    Poitrine généreuse en quête de sensations masculines

    Qu’elles montent, qu’elles montent toutes
    Qu’elles montent, qu’elles montent toutes

    Qu’elles éteignent la lumière et monte le son
    Qu’elles déambulent dévêtues dans le salon
    Qu’elles se rafraîchissent à la fontaine glacée
    Qu’elles prennent entre leurs doigts ma bouche enflammée et gercée
    Par de longs moments d’hiver, d’hiver

    Qu’elles montent, qu’elles montent toutes
    Qu’elles montent, qu’elles montent toutes

    Capitaine

    Ce capitaine de paquebot flegmatique
    Boit du Champagne et scintille comme une étoile qu’il n’est pas
    Ses absences sont devenues quasi systématiques
    Il aime confier la barre à la chance qu’il n’aura pas

    La chance, ce n’est pas non plus le trait caractéristique
    De ces milliers de gens qui se trouvaient ce soir au même endroit
    Lorsque, d’un coup d’un seul, il prit la décision diabolique
    De faire prendre un virage au bateau qui filait tout droit

    Machine arrière toute

    Tandis que le vaisseau flirte avec la roche d’une île
    Ce capitaine jouit dans une maîtresse empruntée au hasard
    Lustres grandiloquents, assiettes et autres ustensiles
    Sont maintenant quelques-uns des objets qui s’expriment et se marrent

    Et tandis que la foule commence à courir dans les coursives
    Le brave capitaine s’enfuit en évitant les miroirs
    Ô rage, ne voilà-t-il pas que les officiers l’imitent
    Délaissant à leur sort les touristes sur leur nénuphar

    Machine arrière toute

    Moi qui voulais tant voir Syracuse
    Toi qui aimais tant les mers du sud
    Nous sommes allés en vitesse de croisière
    Nous abimer en pleine mer

    Ce capitaine fustige en bloc les charges des assises
    Les protagonistes jouent à Questions pour un champion
    Et ce sont eux, les vacanciers qui s’activent et défilent
    Et se retrouvent seuls une nouvelle fois sur le pont

    D’un bateau fantôme réquisitionné par la justice
    D’un vrai théâtre en bois qui sert de tribunal pour l’occasion
    Et de ce point de chute, ils tenteront bien, qu’on se le dise,
    De panser leurs plaies rougies par le sel et la séparation.

    Machine arrière toute

    Du nouveau  ?

    Moi, je me suis abonné à une chaîne de sport qui fait aussi du porno XXL. Difficile de faire la différence.
    Puis de toute façon, je m’en fous puisque je regarde plus la télé depuis que les messages d’info entrent par tous les interstices possibles de mon anatomie.
    J’ai bien tenté de tout résilier mais n’y suis pas arrivé. Alors, la disponibilité de mon cerveau est largement exploitée par tous les commerçants du monde entier qui veulent me piquer mon oseille.
    Tous les commerçants, disais-je, sauf le tabac d’en face qui n’a pas le droit de faire de la pub. De toute façon, pas besoin, la nicotine crée des besoins bien plus puissants que les messages subliminaux. Y’a qu’à voir ce qui écrit sur les paquets de clope que l’on continue de vider de leur substance pour mieux nous vider de la nôtre.

    Aucune, aucune issue en vue. Aucune, aucune issue en vue.
    Du nouveau de votre côté ? De la nouveauté ?

    Avec leurs sites de rencontre à la con, la solitude est redevenue une maladie honteuse.
    De toute façon, je m’en fous, j’suis de retour d’une virée trash où je ne sais plus à quel moment j’ai cessé d’être courtois et fidèle. Dans l’anticipation du moment où les créanciers crèvent de leur maladie compulsive et de leur acharnement à harceler. Dans l’espoir de retrouver quelques moments de félicité avec une certaine forme de partage, j’abrège les souffrances d’une chanson trop longue à écouter et qui pourtant reste impossible à écourter.
    Nous ne sommes que des branleurs en costume de Ferrari gominés au gel poisseux de l’appétit vorace de consommer pour posséder.

    Aucune, aucune issue en vue. Aucune, aucune issue en vue.
    Du nouveau de votre côté ? De la nouveauté ?

    Les porteurs d’espoir et de belles paroles ne sont ceux qu’on croise le soir aux guignols. Les porteurs d’espoir et de belles paroles portent un costume sombre.

    Aucune, aucune issue en vue. Aucune, aucune issue en vue.
    Du nouveau ? Vous avez du nouveau ? Quoi de neuf ?

    Ami

    Ami, entends-tu les sirènes qui émettent des sons déchirant le cœur du silence ?
    Le rivage n’est plus très loin ; il parait qu’on y parle français. Ça tombe bien, j’ai faim.
    Je n’ai point vu cette femme qui me regardait de près pendant le voyage. Maintenant que tu me dis qu’elle m’observait, je la cherche.
    Nous allons accoster. Peut-être est-elle déjà à terre, mais par quel miracle y serait-elle ?

    Ami, entends-tu les fantômes des doux noirs esclaves impatients. Ils allument tellement de feux follets que je me demande.
    Ce qui se joue là-bas. J’aimerais boire quelque chose de chaud. Laver ma peau et sécher mon corps, vendre mon âme.

    Ami, entends-tu les clameurs qui s’élèvent de cette terre que j’aurais tant aimée si elle s’était d’elle-même affublé du qualificatif d’accueil ? Il parait que le mal vient de chez nous. Mais ça ne veut pas dire pour autant qu’il est dans nos bagages. D’ailleurs, je n’en ai pas, de bagages.
    Et sur la berge qui s’ignore toujours bienfaitrice de l’humanité, nous faisons encore partie de ceux qui sont encore en sursis. Car le malin rode et à défaut d’avoir pu faire chavirer ce semblant de navire, il a installé des barbelés sur notre chemin.

    Ami, entends-tu les fantômes des doux noirs esclaves impatients. Ils allument tellement de feux follets que je crains.
    Ce qui se joue là-bas. J’aimerais boire quelque chose de chaud. Laver ma peau et sécher mon corps, vendre mon âme.

    Ami, entends-tu les fantômes qui trépignent d’impatience. Ils allument tellement de feux follets que l’odeur du souffre s’accroche dans mes narines.

    Ami, entends-tu les fantômes des doux noirs esclaves impatients. Ils allument tellement de feux follets que je fuis.
    Ce qui se joue là-bas. J’aimerais boire quelque chose de chaud. Laver ma peau et sécher mon corps, vendre mon âme.

    Ami, toi que j’ai laissé derrière, avec mon goût, ma voiture et ma veste, prends soin des miens.

    Je vous écris

    Bonjour , merci pour votre message
    Rencontrons-nous plutôt à mon retour de congés
    J’aimerais vous écrire en anglais
    je crains de ne pas être à la hauteur

    Vous n’entendez plus le tumulte qui résonne un peu partout ?
    Aussi j’aimerais plutôt vous communiquer
    Ma nouvelle proposition en anglais
    Pour mieux se connaître de bout en bout

    Et c’est autour d’un petit déjeuner
    Que nos langues se sont déliées
    Il n’a point été besoin de les traduire en français
    Le moment se prêtait à une mise au point sur la convergence de nos envies
    Je vous ai regardé, j’ai vous ai exploré
    Puis vous vous êtes enfuie par une porte dérobée
    Depuis de nouvelles figurines se sont mises à danser sur une chanson sans paroles

    Je vous écris d’une lenteur abyssale
    Je vous écris d’une lenteur abyssale

    Je vous ai attendu puis me suis demandé
    Si je savais bien m’exprimer en anglais
    Car, de fait, votre porte est restée close alors que je n’avais même pas encore tenté de vous séduire
    Un peu comme si vous aviez déjà imaginé le pire

    Je ne pourrais pas vivre à Berlin Est

    Je ne pourrais pas vivre à Berlin Est
    J’aurais trop peur que, du jour au lendemain,
    Ils reconstruisent un mur

    Je devrais alors me salir les mains
    A creuser un tunnel improbable
    Pour courber le sens du futur

    Je ne pourrais pas vivre trop à l’est
    J’aurais trop peur d’être mis sur table d’écoute
    Moi qui aimerais pourtant tant qu’on m’écoute

    Je devrais alors te parler avec les mains
    Et user de phrases à double sens
    Pour exprimer des doutes

    Je ne pourrai pas non plus devenir Mexicain
    C’en est fini du rêve américain
    Depuis qu’un mur n’est plus hypothétique

    Ne sommes-nous pas ? Ne sommes-nous pas ? Ne sommes-nous pas des bêtes de somme ?

    A l’Ouest au moins il y a du nouveau
    Les vases sont hermétiquement clos
    Et on ne communique plus

    Que par texto ou sur les réseaux sociaux
    J’aimerais tant te faire l’amour
    Autrement qu’au pied d’un mur

    Et si on reprenait tout du début
    Il y a bien un truc qu’on n’a pas vu
    Pour se retrouver ainsi distancié

    Ne sommes-nous pas des bêtes de somme ?

    La Dolce Vita s’est barrée de l’Italie
    Là bas aussi on refoule du goulot
    Au lieu de reconstruire des ponts

    Et moi je suis toujours bloqué ici
    Dans une geôle systémique
    Pour avoir écrit des mots sur du son

    Grisaille

    On est dans la grisaille et le froid
    Sois prudent ce soir
    Attention… Brouillard, verglas et sanglier

    A la radio, la même rengaine
    Et sur la route, des destins basculent
    Dans ma tête, les idées s’éteignent

    Prudence et rigueur sont de mise
    On nous bassine encore avec une crise
    Une exceptionnelle, dit-on, un très bon cru

    Et les kilomètres défilent sur le compteur digital
    Et dans le noir de la forêt qui avance, monte et descend
    Ma vie ne tient plus qu’à un fil
    Mais curieusement, un sentiment chaud s’installe
    Et envahit mon corps avide de reconstruire

    Pendant que les uns leurs couteaux aiguisent
    Prêts à se jeter sur ce qui va ressortir des décombres d’une mort annoncée

    Les autres préfèrent ne pas regarder ce qui les attend
    Tellement le spectacle est effrayant
    Et leur impuissance implacable

    Des feux de croisement se croisent
    Et les platanes se toisent
    Prêt à accueillir la prochaine déconvenue

    Et les kilomètres défilent sur le compteur digital
    Et dans le noir de la forêt qui avance, monte et descend
    Ma vie ne tient plus qu’à un fil
    Mais curieusement, un sentiment chaud s’installe
    Et envahit mon corps avide de reconstruire

    Je n’ai plus de chaussures de ville, je les ai laissées dans le métro
    Depuis, je conduis pieds nus.
    Plus de chaussures de ville, elles sont dans le métro, dans le métro.

    How it is

    She will look at you quickly
    She will smile upon request
    She’ll remain by your side always
    She will stick to your mind all the time that is passing by
    But she’ll stand like a rock in the middle of your storm

    I want to show you how, I want to show you
    I want to show you how, I want to show you
    How it is when loves knocks on the door

    She might get in a hurry
    She might ask to settle down
    She’ll treat you like a child sometimes
    She will play tricks to your mind all the time that is passing by
    But she’ll stand like a rock in the middle of your storm

    I want to show you how, I want to show you
    I want to show you how, I want to show you
    How it is when loves knocks on the door

    Be gentle to the one that takes too much of your life
    Stay in love with the one that carries your mind
    Be willing to follow the path that she shows you
    Along the line of your soul

    I want to show you how, I want to show you
    I want to show you how, I want to show you
    How it is when loves knocks on the door

    Nos Afriques

    Il faisait mauve et chaud au bord d’un lac d’Afrique
    Et les zincs de nos nuits en des coulées superbes
    Etaient des routes bleues vers de furieux tropiques
    Où se meurt la mémoire et se taisent les verbes
    Il pleuvait des absinthes habillées de tragique
    Et des rires larmaient nos passions primordiales
    Nous rêvions, je le sais, de lendemains magiques
    Pour sauver nos cancers d’une mort lexicale
    Qui aura eu cette chance ? Qui aura cette chance
    De fouler le sol de nos Afriques, de nos âmes aussi qui parlaient d’Amériques

    As-tu vraiment aimé ces totems en partance
    Où tu buvais mes paroles et pillaient mes délires ?
    Dis moi, qu’as-tu été qu’une impossible chance
    Qui se joue au matin quand les corps se chavirent ?
    Et puis, qu’avons-nous fait de nos nocturnes danses ?
    Hormis des rades noires où guettent des vampires
    Et des cadavres fous qui s’ennuient de leurs transes
    Il se fait tard ma vie pour redire nos ires
    Qui aura eu cette chance ? Qui aura cette chance
    De fouler le sol de nos Afriques, de nos âmes aussi qui parlaient d’Amériques

    Assassine et charnue comme sont les ivresses,
    Il faisait chaud et mauve au sein de nos Afriques
    Et je prenais ton corps pour en faire des tresses
    Pour arrimer nos cœurs et remarier nos musiques
    Voici venu le temps d’une solitude étrange
    En désirs dilués dans une nuit obscène
    Le port est délavé de la boue et de la fange
    Et me voici tout seul à la dernière scène
    Qui aura eu cette chance ? Qui aura cette chance
    De fouler le sol de nos Afriques, de nos âmes aussi qui parlaient d’Amériques.

    Sur un texte inspiré de Pierre Michel

    Lève-toi

    Il était un temps que l’on pensait oublié
    Quelques instants, quelques années
    Finalement moins long qu’il n’y paraît
    Juste le temps de se retrouver

    Lève-toi
    Lève-toi
    Les temps ont changé

    Il était un temps de toute beauté
    Soudain le vent se mis à souffler
    Jusque dans les toiles de ton araignée
    Jusqu’à ce qu’enfin tu te mis à bouger

    Lève-toi
    Lève-toi
    Les temps ont changé

    Combien de temps auras-tu expié
    Pour que confondant le présent du passé
    Tu sais plus si attendre c’est capituler
    Tu sais plus qui est maître sur l’échiquier

    Pour écouter l’album Echos, cliquer ici

    © Tous droits réservés par Lo Pailhès

  • Nouvelle Vague : Zoom sur Lo Pailhes

    Nouvelle Vague : Zoom sur Lo Pailhes

    Nouvelle Vague Mag, le 10/12/2018 par Simon de L’oreille qui gratteAgora FM

    Lo Pailhes est un compositeur et interprète français qui livre des textes s’apparentant à des contes. Avec des textes en français et anglais, et une musique se rapprochant du rock, Lo Pailhès séduit depuis plusieurs décennies son public, avec une formule musicale toujours plus éloignée des conventions. Rencontre avec ce musicien hors normes.

    Toi Lo, c’est guitare basse batterie, ton univers. Tu ne mets pas des machines pour produire des sons ?

    L’essentiel de mon son, c’est guitare basse batterie. Après, les sons électroniques, ça peut être intéressant : des klaxons, des sirènes, du vent, un frottement… Il faut savamment doser le mélange entre l’audio provenant de vrais instruments et les rajouts de sons autres pour que cela soit intéressant. Mais ce qui produit la profondeur du son, c’est le touché et l’apport du batteur Jules Pelletier et du bassiste Vincent Ouriet.

    Mais toi, tu ne te sers pas de sons électroniques pour tes enregistrements ?

    Si, je rajoute des sons, comme par exemple sur le titre Le train. L’idée consiste à empiler plusieurs nappes de sons, puis d’enlever lors du mix tout ce qui est superflu.

    Donc toi aussi, à la manière de Franklin de Curl, tu peux passer des heures en studio à peaufiner les moindres détails d’un enregistrement de Lo Pailhès ?

    Je passe beaucoup de temps à l’écriture des textes et des musiques, davantage que pour les arrangements. En général, je peux me contenter d’un son brut. Le plus consommateur de temps, c’est donc la préparation de ce que je veux enregistrer. Lorsque je rentre en studio, presque tous les sons sont définis. Mais je garde aussi une place pour l’imprévu qui peut s’inviter juste avant le bouclage de l’enregistrement.

    Quand tu es en studio, puisque tu es méticuleux, comment décides-tu qu’un morceau est fini ?

    Tout d’abord, il y a une date limite défini par la contrainte économique de la chose. Ensuite, une fois tous les enregistrements faits, j’aime bien écouter les prémix et m’accorder quelques jours et si, au bout de quelques jours, l’écoute n’appelle pas de changements, alors, le morceau est fini.

    Merci Laurent, tu pourrais faire un billet là-dessus sur ton blog qu’on lit régulièrement… [Gil] A l’OQG, on a les prémix de ses nouvelles chansons qu’on a déjà passées à l’antenne. C’est déjà bien abouti. Moi, j’ai trouvé tout cela excellent quoi ! “Le train”, “Nos Afriques”… J’espère que l’album tout entier sera comme cela.

    Oui, tout cela est d’ores et déjà en rotation sur notre webradio. On va t’écouter avec un premier morceau : “Le train”. C’est un prémix ?
    Oui, c’est un prémix issu de mon nouvel album « Echos » dont la sortie est prévue début 2019. Cette chanson est issue d’une sensation dans un train à grande vitesse. J’ai imaginé que, tel un physicien quantique que je ne suis pas, la vitesse raccourcirait l’effet du temps. J’ai décrit les détails qui montrent l’usage du temps même quand tout va très vite. Mais le temps s’arrête quand une émotion nous submerge, comme celle de la séparation sur un quai de gare.

    On connaît beaucoup d’auteurs qui aiment parler des trains. Et toi, pourquoi ?

    Déjà, il y a des cheminements très beaux visuellement dans les courbes d’une voie ferrée. Et puis, le train, c’est le moyen de transport terrestre témoin de la vie : des rencontres, des histoires se nouent, d’autres se dénouent. Car Le train, c’est aussi l’histoire d’une séparation : « moi je n’ai plus rien aujourd’hui que tu t’en vas ».

    Sur scène, ça se passe comment ? T’es tout seul ?

    Oui, je joue de la guitare et chante sur des samples créés à partir des enregistrements en studio, ce qui amène des intermèdes, des atmosphères différentes tout au long du concert.
    On vient d’écouter un de tes nouveaux morceaux, qui s’appelle Grisaille. Peux-tu nous en préciser le thème ?
    Grisaille, c’est l’histoire de quelqu’un, au volant de sa voiture la nuit, sur une route de campagne, qui s’enfuit pour retrouver un peu de chaleur et de perspectives. C’est un road movie au travers d’une forêt et les phares de la voiture balaient le paysage endormi.

    Il fait bon vivre à Marseille quand on est un artiste ? C’est une ville qui inspire ?

    … (hésitations) En fait, je ne sais pas si la ville m’inspire. Ce sont des situations, les gens qui m’inspirent plutôt que les lieux. Pour moi, l’inspiration naît davantage d’un départ que de l’attachement à une résidence. L’inspiration, c’est ce que tu ressens, ce que tu as besoin de dire, peu importe là où tu te trouves au moment précis où ça t’arrive.

    Et toi, tu es Marseillais de toujours ?

    Non, je suis à Marseille depuis quelques années maintenant après vécu sous d’autres horizons, en France et à l’étranger. J’ai notamment eu un groupe de rock à Paris pendant plusieurs années.
    Ce que tu fais aujourd’hui, de la chanson française, tu le fais parce que tu as mûri, parce que tu es seul, parce que tu vis à Marseille… ?
    J’aime penser que je fais du rock. Je suis influencé par le rock de Lou Reed. j’ai du plaisir à entendre une guitare avec un gros son, un ampli à lampe qui larsen. D’ailleurs, en face d’un gros son, il faut un texte à la hauteur. La chanson française, ça veut tout et rien dire. C’est le style qui importe.

    Tu nous fais découvrir ton nouvel album. Il a déjà un nom ? Un thème, un côté conceptuel ou tous les morceaux sont indépendants ?

    Mon prochain album s’appellera Échos. Je reviendrai vous le présenter… Il doit bien y avoir un thème mais je m’en apercevrai une fois qu’il sera sorti ! Les morceaux de l’album peuvent être très différents les uns des autres. Le trait d’union, c’est le son et comme il est produit par des musiciens qui jouent tous à leur manière sur les mêmes instruments, c’est assez facile de trouver une cohérence.

    Un grand merci Lo, n’hésite pas à revenir quand le cœur t’en dit.

    Pour écouter et acheter l’album, cliquer ici

  • Interview le 12 juin 2018 sur Agora fm – Emission L’oreille qui gratte

    Interview le 12 juin 2018 sur Agora fm – Emission L’oreille qui gratte

    Interview le 12 juin 2018 sur Agora fm – Emission L’oreille qui gratte

    Décryptage de l’interview réalisée par Simon Pégurier et Gil pour l’émission L’oreille qui gratte

    Simon : Nous avons le plaisir d’accueillir notre invité, Lo Pailhès, qui vient nous parler à l’Oreille qui gratte de l’enregistrement de son 3ème album.  Toi Lo, c’est guitare basse batterie, ton univers. Tu ne mets pas des machines pour produire des sons ?

    Lo : L’essentiel de mon son, c’est guitare basse batterie. Après, les sons électroniques, ça peut être intéressant : des klaxons, des sirènes, du vent, un frottement… Il faut savamment doser le mélange entre l’audio provenant de vrais instruments et les rajouts de sons autres pour que cela soit intéressant. Mais ce qui produit la profondeur du son, c’est le touché et l’apport du batteur Jules Pelletier et du bassiste Vincent Ouriet.

    Simon : Mais toi, tu ne te sers pas de sons électroniques pour tes enregistrements ?

    Pour lire l’article en entier, cliquer ici : Interview du 12 juin 2018 pour Agora fm – Emission L’oreille qui gratte

  • Chronique Rockenfolie par Serge Moser, la radio de tous les rocks, le 15 juin 2017

    Chronique Rockenfolie par Serge Moser, la radio de tous les rocks, le 15 juin 2017

    Rockenfolie| Lo Pailhès

    A la lumière tamisée de mille et mille nuances pastel et bigarrées, comme assombrie par l’indélicat constat que rien de ce qui est juste n’est vrai, où sont les monstres quand ils ne font pas foire, à en faire résonner les cloches de notre réalité, Madame, le rouge est illusoire et le blanc ne reste jamais propre bien longtemps, tant pis pour la beauté de l’instant , tant que dansent, dansent les mots sur la feuille de papier, comme les étoiles éblouissent la nuit de leur indécent scintillement, comme s’il était permis de briller, comme s’il était permis d’exister et d’insister, une fois seulement, sur l’effet de Surprise.

    L’espace d’un éphémère éclat de verre absolument transparent aux yeux des innocents, peut-être serait-il temps de fouler la terre, de la fouler vraiment, sans un regard en arrière, se nourrir encore de la force du vent, qu’importe sa direction, puisque rien n’à de sens, qu’au-delà de l’horizon ne survivent que ceux qui savent qu’il n’y a rien et en faire vibrer, comme la note sucrée du bonheur immense et inutile d’une tasse de thé, la substantifique essence, pour le plaisir futile et intense de ménager l’effet de Surprise.

    Et puis il y a la musique, regarde tout droit à travers le miroir, fais toi un sourire dans le noir, une seule note peut rendre l’univers hystérique, de vaines tentatives en sursis pathétique, comment n’y avions nous pas penser ? Comme un tableau bizarre de mélodies éparses et magiques, tout est dans la rythmique, me suis-je laisser dire, mais n’en souffler mot ! Il pourrait nous entendre, coupable pis que pendre de jouer des émaux, l’artiseur funambule n’en est pas moins un artiste, et en cela rien n’est triste puisqu’il ne distribue la violence que par mille et mille tendres caresses, celles qui te torture à l’âme jusqu’à en raviver la flamme et puis, de songes éveillés en subtiles promesses, il dit qu’il n’a sur nous pas la moindre prise, qu’il ne sait que peindre avec le son, comme une touchante Surprise.

    Et puis il embrasse les étoiles d’un simple mouvement du regard
    D’une imperceptible touche de poésie, il en révèle l’ivresse
    Comme une petite lueur à peine visible dans le noir
    Juste un peu plus en couleur au son de Lo Pailhès

    Texte : Serge Moser / Montage : Sébastien Dufour

    Rockenfolie 15/06/2017
    La radio de tous les rocks
    www.rockenfolie.com/

    Pour écouter la chronique sur le site de Rockenfolie, cliquer ici

  • Chronique Musique, le mercredi 07 Juin 2017 dans Ventilo n° 394

    Chronique Musique, le mercredi 07 Juin 2017 dans Ventilo n° 394

    Identité remarquable | Lo Pailhès

    L’un dans l’autre

    Chanteur compositeur interprète d’origine ardéchoise, Lo Pailhès trace sa route depuis plusieurs décennies avec, toujours en ligne de mire, la recherche d’une cohérence qui le maintient éloigné des conventions.

    Marseillais d’adoption, Lo Pailhès, dont le (véritable) nom pourrait faire penser à un groupe occitan, a posé ses instruments dans la cité phocéenne depuis quelques années maintenant. Malgré sa discrétion, cet artiste autodidacte est connu de la scène locale et continue ses créations en toute liberté, et au fil des années. Il fait désormais carrière en solo après avoir été dans plusieurs formations parisiennes et locales (The Black Radish et Aeroflot) pour, dit-il, pouvoir suivre ses envies et ne plus faire de concessions. Et, en effet, des concessions, il en fait peu depuis qu’il navigue seul avec sa guitare rock, et qu’il arrive en studio (Medusa Prod) avec des propositions singulières et abouties sans s’enquérir des avis des uns et des autres, sans suivre les diktats musicaux actuels. Un batteur et un bassiste sont passés par là entre-temps, et ont pu proposer des sons qui sont alors retravaillés par l’artiste lui-même grâce à son séquenceur. Même s’il ne renie pas quelques influences issues de la variété, de la chanson française et du rock anglo-saxon, il a développé un univers particulier avec son propre style (et son accent), entre poésie urbaine et rock gentiment décalé, parfois sombre. Il propose des chansons (pour les trois quarts dans la langue de Molière, bien meilleures !) à l’univers singulier, avec un petit côté dark et des prises de risque assumées, incarnées dans des textes asymétriques, suivant ses idées fulgurantes, surprenantes, comme en témoigne son nouvel album, Surprise, sorti cette année. Les paroles font mouche, car ces chansons à texte nous parlent. On peut même les imaginer parfois, tant elles sont visuelles et décrivent de jolies situations…

    Ainsi, au fil des années, Lo Pailhès a gagné en confiance et assume pleinement son style qu’il faut apprendre à (ré)écouter, encore et encore, tant il recèle de détails cachés. Aujourd’hui, de shows privés en concert intimistes, Lo Pailhès ne connaît toujours pas son public, mais il est à chaque fois au rendez-vous, et reconnaît en lui un artiste singulier. Un artiste qu’il a envie de suivre.

    Cécile Mathieu pour Le Ventilo

    7/06/2017

    Pour lire l’article sur le site de Ventilo, cliquer ici

  • Chronique La Magic Box, toute l’actualité du Pop Rock Indé

    Chronique La Magic Box, toute l’actualité du Pop Rock Indé

    Lo Pailhès est auteur compositeur interprete. Chansons à textes, l’écriture de ce cet auteur s’apparente à des contes modernes, dans lesquels le chanteur hésite entre le parlé et le chanté, sur fond de guitare sèche ou électrique et quelques arrangements plus discrets. C’est un mini album composé de 7 titres que l’artiste a débarqué en 2016 avant de se lancer dans un plus difficile travail de promotion en ce début d’année 2017. 

    Quatre années se sont écoulées depuis Du Nouveau, son précédent opus, qui avait le même format de mini album. Le « nouveau » nouveau, celui de 2016, débute avec son titre éponyme, (sans) Surprise. Un titre lent, assez tendu, qui nous conduit dans la tête de son auteur, en proie avec ses démons, divisant le monde en deux, entre ce qu’il aime et ce qu’il n’aime pas, et surtout les gens qui s’enlisent dans leur suffisance…   Un tableau qui découpe la vie en tranche et fait alterner des passages intimistes avec d’autres plus électriques, laissant la tension s’exprimer parfois avant de la contenir à nouveau.

    Le second titre Quasimodo a quelque chose d’autobiographie, avant de partir dans un délire d’écriture automatique, qui rappellera à certains les textes des chansons de Bashung, parfois sans queue ni têtes, mais qui vous entêtent ad vitam aeternam… Prudence donc, à vous, qui vous pencherez sur ces chapelets de mots que Lo Pailhes appelle chansons. Avec Corner, Lo passe à la langue de Shakespeare, avec un accent tres frenchy, avant de nous livrer en Ghost song, sa version française. Mais tout de même, pendant ce laps de temps en anglais, on oublie les mots, et on se concentre plus sur la musique, avec sa mélodie, ses changements de tempo, ses silences et ses ambiances Folk Blues pleines d’émotions.

    Avec son air discret de ne pas trop y toucher, son air nonchalant sur ses vidéos pleines d’amateurisme assumé, ce Quasimodo de la chanson française tisse sa chrysalide et pourrait bien se transformer très vite en un drôle de lépidoptère aux ailes aux dessins hypnotiques.

    par Mike S.

    21/02/2017

    Pour lire l’article sur le site de La Magic Box, cliquer ici

  • Chronique Rockenfolie, la radio de tous les rocks, le 20 février 2017

    Chronique Rockenfolie, la radio de tous les rocks, le 20 février 2017

    Rockenfolie| Lo Pailhès

    A la lumière tamisée de mille et mille nuances pastel et bigarrées, comme assombrie par l’indélicat constat que rien de ce qui est juste n’est vrai, où sont les monstres quand ils ne font pas foire, à en faire résonner les cloches de notre réalité, Madame, le rouge est illusoire et le blanc ne reste jamais propre bien longtemps, tant pis pour la beauté de l’instant , tant que dansent, dansent les mots sur la feuille de papier, comme les étoiles éblouissent la nuit de leur indécent scintillement, comme s’il était permis de briller, comme s’il était permis d’exister et d’insister, une fois seulement, sur l’effet de Surprise

    L’espace d’un éphémère éclat de verre absolument transparent aux yeux des innocents, peut-être serait-il temps de fouler la terre, de la fouler vraiment, sans un regard en arrière, se nourrir encore de la force du vent, qu’importe sa direction, puisque rien n’à de sens, qu’au-delà de l’horizon ne survivent que ceux qui savent qu’il n’y a rien et en faire vibrer, comme la note sucrée du bonheur immense et inutile d’une tasse de thé, la substantifique essence, pour le plaisir futile et intense de ménager l’effet de Surprise

    Et puis il y a la musique, regarde tout droit à travers le miroir, fais toi un sourire dans le noir, une seule note peut rendre l’univers hystérique, de vaines tentatives en sursis pathétique, comment n’y avions nous pas penser ? Comme un tableau bizarre de mélodies éparses et magiques, tout est dans la rythmique, me suis-je laisser dire, mais n’en souffler mot ! Il pourrait nous entendre, coupable pis que pendre de jouer des émaux, l’artiseur funambule n’en est pas moins un artiste, et en cela rien n’est triste puisqu’il ne distribue la violence que par mille et mille tendres caresses, celles qui te torture à l’âme jusqu’à en raviver la flamme et puis, de songes éveillés en subtiles promesses, il dit qu’il n’a sur nous pas la moindre prise, qu’il ne sait que peindre avec le son, comme une touchante Surprise

    Et puis il embrasse les étoiles d’un simple mouvement du regard
    D’une imperceptible touche de poésie, il en révèle l’ivresse
    Comme une petite lueur à peine visible dans le noir
    Juste un peu plus en couleur au son de Lo Pailhes

    Par Serge Le Barbare
    Rockenfolie 20/02/2017
    La radio de tous les rocks

    http://www.rockenfolie.com/

     

  • Chronique de Le Courrier Vendéen, par Franck Fischbach

    Chronique de Le Courrier Vendéen, par Franck Fischbach

    Alors ça, pour une surprise ! Devinez un peu qui est de retour avec un nouveau CD (sorti en juin) ? Lo Pailhès !

    Un nouvel artiste ? Pas vraiment ! Nous parlons ici d’un auteur-compositeur-interprête qui a roulé sa bosse, depuis plus de 25 ans. Il est le fondateur de plusieurs groupes : The Black Radish au début des années 90, ou encore le groupe marseillais Aeroflot. En 2013, il se fixe un nouveau cap, et se lance dans une aventure solo dont la première page s’écrit avec un premier EP, « Du Nouveau ». 2016 est donc l’année du retour, avec une seconde galette intitulée « Surprise ».

    Se pose alors la question « que va t-on trouver sur ce CD ?» Excellente question, Jean-Michel ! Le mauvais disquaire classera Pailhès dans la catégorie ultra-généraliste « rock », voire « variété française ». Le vendeur un peu plus pointu rangera ce disque au milieu des rocks à texte un peu plus nébuleux, plus sombres, juste à coté d’Hubert-Félix Thieffaine ou Alain Bashung.

    Lo Pailhès nous emmène ici dans son univers, stylé et tout en spleen. Lo Pailhès jongle avec aisance avec les mots. Avec des textes en Français et en Anglais, qui tapent juste, il nous peint ici six tableaux et nous fait la « Surprise » de nous faire passer « Du Temps au Musée » sous un « Soleil de plomb ». On y rencontre un « Quasimodo » ainsi qu’un « Tableau bizarre »… La métaphore filée peut sembler étrange, pourtant elle confirme que la musique de Lo Pailhès est une musique qui s’écoute, mais qui se regarde aussi.

    Au final, ce nouveau CD a un léger goût de trop peu, avec seulement six plages. Le plaisir est grand, le voyage est beau, la « Surprise » ne déçoit pas mais n’en est que trop courte. Reste la fonction « loop » de votre lecteur…

    Franck Fischbach pour Le Courrier Vendéen
    21/01/2017

    Pour lire l’article sur le site du Courrier Vendéen, cliquer ici

  • Chronique de Rockin JL, Le Deblocnot’

    Chronique de Rockin JL, Le Deblocnot’

    Voila un artiste singulier que ce Lo Pailhes, cet auteur compositeur interprète guitariste également dessinateur  (il fait des expos-concerts) fréquente les scènes rock depuis 25 ans  sur Paris avec le groupe rock underground qu’il fonde  « the Black Radish » puis direction  Marseille pour un autre projet:  Aéroflot. En solo il sort un premier EP ‘(« Du nouveau ») en 2013 puis celui ci cette année. S’il cite comme influence Lou Reed, Radiohead ou U2 on peut trouver dans sa musique et son attitude des affinités avec Hubert Felix  Thiefaine ou Alain Bashung, ou encore Charlelie Couture.

    Il signe textes et musiques sauf le dernier titre signé Eric Jourdan et est accompagné de Marco Deruta à la basse et Jules Pelletier à la batterie. Voici une petite citation qui reflète bien le personnage : « une chanson c’est comme une idée fugace, fulgurante, qui transperce le réel par surprise et vous laisse choir, pantelant, sans autre issue que de la faire vivre (…) une chanson, un éclair ou une simple expression de beauté pourra alors prendre forme et n’appartiendra qu’à vous. Au moins au début, parce qu’ensuite il faudra bien la partager, et chercher celles et ceux qui y seront sensibles au point de vous aimer ».

    Belle ouverture à la guitare sur le  morceau titre « Surprise »  et posée dessus  cette voix incantatoire mi parlé mi chanté avec une pointe d’accent et de rocaille avant des flambées  de violence bien rock ou la Gibson ES335 rugit. « Quasimodo » conte sombre , halluciné, avec de belles envolées guitaristiques et refrain porteur (« Je suis le Quasimodo de la chanson actuelle/ Tu es l’étoile qui danse dans la nuit ») confirme l’ impression que nous tenons là un truc peu ordinaire dans la chanson française. Changement de cap avec le folk /pop envoûtant et sombre  « Corner », seul titre composé en anglais,  qui m’évoque un artiste français chroniqué l’an dernier: Terry Brisack (clic) ou pour remonter plus loin carrément du Nick Drake. « Du temps au musée » est vraiment un Ovni, un bijou désabusé, plein d’humour noir et de non-sens, l’histoire d’un chef d’entreprise dont la boite coule, pourchassé par les huissiers, et qui se passionne pour le arts de l’Océanie; la musique est un peu folle aussi, à la Dashiel Hedayat (reclic). « Un tableau bizarre » l’est vraiment bizarre, un peu inquiétant même, puis « Soleil de plomb » qui ouvre sur un air d’harmonica plaintif une belle ballade faussement country. En bonus une version de « Corner » en partie en français.

    Voila un  artiste difficile à classer mais ce qui est sur,  c’est qu’il a quelque chose, un univers à lui, pas forcément facile d’approche  (je l’ai de plus en plus accroché au fil des écoutes) , sombre et classieux, rock et poétique à la fois, d’ailleurs les 2 ne sont pas incompatibles, la preuve.  A suivre…

    ROCKIN-JL
    13/12/2016

    Pour lire l’article sur le site du Deblocnot, cliquer ici

  • Chronique de Fred Delforge, Zicazic

    Chronique de Fred Delforge, Zicazic

    Lo Pailhès a démarré sa carrière artistique à Paris en créant le groupe Black Radish en 1992 et a contribué aux belles heures des clubs underground de la capitale avec cette formation mais aussi avec un trio aux accents jungle rock avant de partir pour Marseille où il chante désormais au sein d’Aeroflot mais aussi sous son propre nom …

    Après un premier album paru en 2014, Lo Pailhes a donné nombre de concerts, que ce soit en solo ou en formation plus étoffée. Et c’est tout naturellement que l’on a pu le retrouver dès l’été dernier dans les bacs mais aussi sur les plateformes de téléchargement avec ce nouvel effort dans lequel il cultive la chanson rock à sa manière, passant du Français à l’Anglais et offrant un style parlé-chanté qui fait penser en vrac à Lou Reed, à Bashung, à Thiéfaine ou même à Gainsbourg. Une Gibson ES335 pour le côté chaud et riche du son électrique, une Takamine pour le grain des cordes en acoustique et un indispensable SM58 pour la voix, Lo Pailhes a choisi d’aller droit à l’essentiel et s’il s’est fait accompagner par Marco Deruta à la basse et Jules Pelletier à la batterie pour l’enregistrement de « Surprise ».

    C’est en général avec une pédale de samples qu’il se produit à la ville, transcrivant à sa manière des titres empreints d’urgence et de sensibilité, des chansons graves et des chansons osées, des chansons fortes et des chansons tendres …

    Chacun à leur manière, des titres comme « Quasimodo », « Du temps au musée », « Un tableau bizarre » ou encore « Corner » installent un climat, une ambiance, brossent les contours d’une toile que l’artiste, habile dessinateur dans la vie, invite cette fois l’auditeur à imaginer lui-même et à remplir à sa façon. Si l’on ne parlera pas encore tout à fait de musique interactive, on pourra toutefois saluer le grand travail d’ouverture qui est fait vers les autres, un travail qui permet à l’individu lambda de s’approprier pleinement l’œuvre pour l’interpréter comme bon lui semble.

    Une belle découverte à ne surtout pas manquer !

    Fred Delforge
    4/12/2016

    Pour lire l’article sur le site de Zicazic, cliquer ici

  • Chronique de etat-critique.com

    Chronique de etat-critique.com

     

    Surprise! Il y a encore des petits franchouillards qui font du rock avec de la révolte au coeur! Chouette!

    Lo Pailhes est un animal rare. Il croit aux vertus de la simplicité. Un rock sans bidouillage. Des paroles sans cynisme. Il écrit des textes sans concession, qui ne tournicotent pas autour d’une idée. C’est presque sauvage par les temps qui courent. Le polissage est de rigueur. Y compris dans le rock français, où désormais la performance est plus importante que la conviction.

    Il ne prend pas la pose pour être au top de la hype. Comme Arno ou Thiéfaine, il n’observe pas la lumière mais plutôt s’aventure vers les zones sombres de l’existence ou de la société. Son rock a quelque chose de réellement populaire!

    Le chanteur s’est construit entre Paris et Marseille, avec des expériences différentes et cela s’entend dans son disque qui ne veut pas faire de concession. En six chansons, il balaie tout un pan de la chanson français et du rock franchouillard.

    Il y a la voix qui accroche et la guitare qui rugit. La rage et la colère se transforment en énergie musicale, plus qu’appréciable. Autodidacte, Lo Pailhes a tout compris de son art. Il rend sa vie plus belle en transformant ses réflexions en flots musicaux, périlleux mais sincères. Il est une belle découverte.

    1/12/2016

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  • Chronique de Rockfanch

    Chronique de Rockfanch

    Trois ans après Du Nouveau, Lo Pailhes sort son second EP, Surprise.

    Le chanteur, présent dans le groupe Black Radish au début des années 1990, livre un album six titres accompagné de Marco Deruta à la basse et de Jules Pelletier à la batterie.

    Son univers n’est pas sans rappeler Hubert-Félix Thiéfaine ou Alain Bashung. C’est à dire un homme qui manie très bien les mots à travers un phrasé chanté – parlé avec une base très électrique où les guitares ont toujours leur mot à dire.

    Les six titres qui composent cet album sont équilibrés entre guitares brutes et acérées (Surprise, Quasimodo, Un Tableau Bizarre) et un univers plus folk acoustique (Corner, Du Temps au Musée ou Soleil de Plomb). 

    Bref, un album de rock français aucun doute à avoir là dessus !

    Rockfanch
    29/11/2016

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  • Interview de Céline Dehédin, Rock Intimity, Nouvelle vague

    Interview de Céline Dehédin, Rock Intimity, Nouvelle vague

    A l’écoute de Lo Pailhes, on se laisse de suite happer dans un univers rock, où les mots d’une sincérité déconcertante, se mêlent à des mélodies harmonieuses, accompagnées par la voix délicieusement suave et envoûtante, de cet artiste Marseillais pas ordinaire. Rencontre avec le plus authentique des musiciens, qui est un vrai show man à lui tout seul !

    Comment as-tu choisi ton nom d’artiste ?

    Pailhes c’est mon nom, et Lo vient du fait que j’ai fait des dessins pendant pas mal de temps, j’ai exposé, j’ai même mêlé dessins et concerts, et je signais mes œuvres Lo. Le lien entre les dessins et la musique n’est pas si évident. J’ai donc dans la continuité de mes créations, repris ce surnom diminutif de Laurent, mon prénom.

    As-tu composé tout seul ton disque ?

    Oui, toutes les compos musique et textes, sont composés par moi-même sauf un titre « Soleil de Plomb » que j’ai co-écrit avec un ami. Lorsque je compose, au départ, il s’agit de la captation de moments de grâce. Des moments où l’inspiration et les mots me viennent, ou une suite d’accords que j’enregistre sur un dictaphone. Et, après il y a tout un travail de recherche autour de ces fragments. J’enregistre mes séquences sur Cubase, j’expérimente puis j’emmène ma maquette au studio « Médusa Prod ». Enfin, commence le travail d’enregistrement pur et dur. Il m’arrive de rajouter parfois en studio de nouveaux arrangements ou un autre morceau.

    Comment en es-tu venu à te retrouver seul sur scène avec des samples ?

    Techniquement c’est une discipline ! Parfois j’aimerais bien reformer une section rythmique, et jouer en trio. Je ne suis pas fermé à cette configuration scénique. J’en suis arrivé à me retrouver seul sur scène par nécessité. J’ai toujours joué en groupe et finalement j’ai démarré en solo un peu tard mais j’y trouve beaucoup plus de liberté. Car, je sais précisément ce que je veux. Une fois que j’ai trouvé ce son en studio, je ne pouvais pas monter sur scène juste avec une guitare folk, j’ai donc utilisé cette technique des samples que je déclenche via une pédale au pied. Ce qui m’a inspiré c’est le duo The Kills.

    Pourquoi avoir choisi de jouer sur une Gibson ES 335 ?

    Je n’ai toujours joué qu’avec des Gibsons, j’ai aussi une Lespaul. Ça fait maintenant 4 ans, que je joue avec l’ES 335, parce qu’elle est plus adaptée à un jeu proche de l’électro acoustique qu’une Lespaul qui a un son plus bluesy. J’aime bien me laisser surprendre par l’instrument, j’ai également une ovation électro acoustique.

    Quels sont tes influences musicales ?

    Ça a beaucoup évolué au fil des années… J’aime beaucoup Lou Reed que j’ai découvert assez tardivement, en 1997, bien après l’époque du velvet. J’ai bien aimé son style, un peu décalé, humoristique, parlé/chanté. J’aime aussi beaucoup Radiohead, U2 et dernièrement j’aime bien la production de Feu Chatterton.

    Comment travailles-tu avec Luigi Rome sur tes visuels (clips, pochettes) ?

    Luigi est un photographe professionnel spécialisé dans les portraits. La vidéo n’est pas son cœur de métier mais il s’y est essayé avec grand plaisir avec moi. Il y a un nouveau clip en préparation sur le titre « Corner ».

    Explique-nous la pochette de « Surprise » comment a-t-elle été réalisée par Ralph Wendel, s’agit-il d’une vraie peinture ?

    Ralph est un designer et un créatif, je pense qu’il a dû s’amuser avec des pinceaux et l’ordinateur pour refaire mon portrait d’après une photo de Luigi Rome. Il a fait plusieurs versions et c’est celle de la pochette de «  Surprise » qui a été retenue.

    Comment en es-tu venu à travailler avec Kebra’s Records ?

    J’ai fait deux show case chez des disquaires à Marseille dont le Lollipop, pour présenter l’album. Et, c’est le gérant du Lollipop qui m’a conseillé d’appeler Pat Kebra. Il m’a alors demandé tous les matériaux pour la promo et voilà c’était parti !

    Tes projets pour 2017 ?

    J’ai un troisième EP en cours, j’espère pouvoir aboutir en juin à une dizaine de chansons. Pour le moment, j’en suis à la moitié en pré maquette. Je suis également en recherche de participation à des festivals pour l’été prochain et en quête d’un distributeur physique.

    Céline Dehédin

    29/11/2016

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  • Chronique de Céline Dehédin, Nouvelle vague

    Chronique de Céline Dehédin, Nouvelle vague

    Loin des clichés traditionnels, Lo Pailhes, vous réserve une bien belle découverte, avec son nouvel album.

    Artiste marseillais, résolument rock, ce disque est un concentré de pépites musicales. A commencer par le titre « Surprise », Gibson ES 335 brute, voix suave et posée, textes écorchés, riffs en place. « Quasimodo », là encore en français, livre une mélodie parfaite aux arrangements simples et efficaces ! « Corner » en anglais est une ballade folk, aux harmonies délicieuses, qu’il est impossible de ne pas aimer. « Du Temps au Musée » non sans humour surfe sur la dérision, d’une petite entreprise qui se casse la figure. « Un Tableau Bizarre » et « Soleil de Plomb » clôturent le disque en sobriété.

    On aime la simplicité des riffs de guitare et la voix du chanteur proche d’un Lou Reed ou d’un Hubert Félix Thiéfaine. Une sacrée belle « Surprise » sonore pour ce mini album qui en ravira plus d’un ! Petit plus, une chanson cachée avec la version française de « Corner ».

    Céline Dehédin

    29/11/2016

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  • Chronique de Monsieur Louie

    Chronique de Monsieur Louie

    L’étrange bouge de Lo Pailhes

    Lo Pailhes aime les surprises. Il a une sainte trinité dans les oreilles (Thiéfaine, Bashung… qui d’autre, déjà ?) et conchie poétiquement «les gens qui se déguisent en trompe l’oeil» ou «ceux qui s’enlisent dans leur suffisance». Lo Pailhes (marrant, on dirait un nom occitan) leur préfère les insoumises, et les étoiles qui dansent dans le ciel. On lui trouverait même un accent, alors que ce «Quasimodo de la musique actuelle» tel que lui même se définit, est en fait descendu de Paris à Marseille.

    Mais pas pour étudier le patois provençal, que nenni: Lo Pailhes chante en français et en anglais, histoire de dire outre Manche qu’il attend au coin de son esprit le coup de coeur, ou de foudre… d’une insoumise, probablement? Ce qui n’est pas gagné.

    Bref, Lo Pailhes nous parle de son monde bizarre qu’il peint en tableaux décousus, au couteau, en déclamant – chantant comment il galère entre chômage et manque de fric, la course à la productivité, alors que lui, tout ce qu’il a dans le crâne, hormis les insoumises qui dansent dans la Lune du soir, c’est l’art de l’Océanie et les masques des quatre coins du monde. Guitare pop rock blues, Lo Pailhes nous mène en six tableaux jusqu’à un soleil de plomb, avec des images qu’il raconte comme ça, en chantant à peine, avec sa drôle de plime, un blues façon Diabologum ou Fauve, ou du côté des voisins de l’Ouïe Stimbre, par exemple.

    Cet album six titres (non, sept, les coin de l’esprit revient en catimini) sorti en chair et en matière il y a quelque années revient en plateforme numérique, jetez-y donc une ouïe. Allez hop, «tout doux tout spleen», tout étrange.

    21/11/2016

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  • Chronique de Luc Dehon, Musisphere

    Chronique de Luc Dehon, Musisphere

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    Lo Pailhes a eu plusieurs vies. Cet auteur/compositeur/interprète s’est dans un premier temps frotté à l’expérience du groupe. En 1992, il y a plus de vingt-cinq ans, il fondait The Black Radish. Après un projet plus orienté jungle rock qui remporta un succès d’estime, Pailhès quitte Paname direction la cité Phocéenne. Il y remonte un nouveau groupe, Aeroflot. Il aura fallu attendre 2013 pour que l’artiste se lance dans une aventure solo, avec la publication d’un premier EP, « Du nouveau », suivi aujourd’hui d’un second, « Surprise ».

    La poésie rock ombreuse et abstraite des chansons de ce Quasimodo de la chanson actuelle nous a rappelé à bien des égards celle d’un Marcel Kanche ou d’un Hubert-Félix Thiéfaine. Des mélodies rock crépusculaires. Un spleen quasi baudelairien qui nous a fait replonger dans les histoires grotesques et sérieuses d’un certain Poe. Un univers à mi-chemin entre songe et réalité. Des atmosphères plutôt sombres portées par un phrasé découpé et tranché. Une puissance de la parole. En bref, du rock français comme on l’aime. Stylé et parfaitement sincère.

    Luc Dehon

    17/11/2016

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  • Textes – Album Surprise

    Textes – Album Surprise

    Surprise

    Moi, j’aime les surprises
    Pas trop les gens qui se déguisent
    En trompe l’oeil

    Moi, j’aime aussi la banquise
    Et ses habitants qui fondent
    Comme neige au soleil

    Moi, j’aime pas ceux qui s’enlisent
    Dans leur suffisance qui ne trompe plus
    Que ceux qui ont trop faim

    Moi, j’aime les insoumises
    Qui soutiennent mon regard oblique
    Et disparaissent d’un commun accord

    Moi, j’aime ta bouche exquise
    Tes idées larges et tes jupes courtes
    Et ton rythme à foison

    Moi, j’aime pas ceux qui s’enlisent
    Dans leur suffisance qui ne trompe plus
    Que ceux qui ont trop faim

    Trop faim pour demander des comptes
    Trop faim pour demander des comptes

    Et si jamais tu te déguises
    N’oublie pas de me dire en quoi
    Je ne veux pas de surprises
    Avec toi

    Quasimodo

    Je suis le quasimodo de la chanson actuelle
    Tu es l’étoile qui danse dans la nuit
    Il est parti sans laisser de traces
    Elle s’oublie en attendant son trépas
    Ils ont tout essayé pour coller la faute à d’autres
    A l’étranger d’abord et quand ça n’a plus suffit
    Ils ont commencé à se dévorer entre eux, comme des bêtes
    Ce que je n’ai jamais compris, c’est que leur ventre était déjà plein
    On ne voyait pas leurs côtes, leurs visages étaient joufflus
    Rougeauds même chez certains, comme s’ils buvaient trop de vin
    Rouge ou blanc, peu importe la couleur, l’effet reste le même

    A trop faire du surplace, on finit par s’encrouter
    Je proclame haut et fort que cette situation a assez duré
    Ils ne veulent pas l’entendre et préfèreront me lyncher
    Elles ne veulent plus voir combien ils se trompent
    Elles préfèrent continuer de tricoter des bas de laine
    Tu es l’étoile qui danse dans la nuit

    Je suis le quasimodo de la chanson actuelle
    Tu es l’étoile qui danse dans la nuit
    Nous avons tout pour nous, y compris un semblant de paix
    Mais la quête du bonheur n’est pas identifiée
    Elles l’ont bien compris et se mettent à louvoyer
    Entre ciel et terre, contre vents et marée, elles ont tout pour plaire
    Tu es l’étoile qui danse dans la nuit

    Corner

    The train is screaming high into my ears
    I’m clean and can hardly bear the pressure
    My mind is wandering far away
    Deep inside the open sea
    And she’s calling me, she’s calling me, she’s calling me

    I am waiting at the corner of my mind
    Waiting to make a simple choice
    I told you babe, give me some time
    I am waiting at the corner of my mind

    I can’t believe I’m giving one more chance
    One more chance to bear the chaos
    The chaos of crawling mice and men
    Killing as many as they can
    And she’s calling me, she’s calling me, she’s calling me

    I am waiting at the corner of my mind
    Waiting to make a simple choice
    I told you babe, give me some time
    I am waiting at the corner of my mind

    The train is screaming high into my ears
    I’m clean and can hardly bear the pressure
    I hope my love won’t forget me over there
    Deep inside the open sea
    And she’s calling me, she’s calling me, she’s calling me

    Du temps au musée

    Le responsable commercial s’est barré avec le fichier complet des clients
    Je ne souhaite même plus le poursuivre depuis que j’écris des poèmes
    Le carnet de commandes flirte avec le découvert bancaire
    Et le RSI m’envoie toujours des injonctions d’office
    C’était pourtant bien parti, les clients m’adoraient
    Ils ont même voulu que je passe à la télé

    C’est dire si mon entreprise apportait un plus à la collectivité
    Encore un effort et j’aurais pu entrer au panthéon just’à côté d’autres êtres illustres
    Mais voilà, la vie n’est pas une longue longue longue ligne droite
    En particulier quand ceux qui font marcher le monde préfère en jouer
    Et font plonger sans vergogne des millions dans la précarité, des millions vous m’entendez
    En faisant des parties d’échec dans leurs jets très privés

    Depuis que j’ai commencé à passer du temps au musée
    Je me suis passionné pour l’art de l’Océanie

    Mais voilà un jour, à 8 heures, ils ont débarqué
    Ils ont pris quelques-uns de mes meubles et ont déclaré :
    « Si, sous trois mois, vous ne regagnez pas en productivité
    Le contrat sera résigné et votre compte banni »
    Alors, j’ai convoqué l’ensemble du personnel et leur ai annoncé la nouvelle
    Attention les gars, il faudrait voir un peu à se mobiliser
    Il faudrait voir un peu à se motiver
    Il faudrait voir à se sentir un peu plus concerné, concerné ouais

    Puis je suis retourné passer du temps au musée
    Je me suis passionné pour l’art de l’Océanie
    Puis pour les masques africains, tibétains ou de Mongolie

    Depuis que j’ai commencé à passer du temps au musée
    Je me suis passionné pour l’art de l’Océanie

    Un tableau bizarre

    Ça c’est un tableau bizarre
    Cet homme dans la chaise roulante
    Juste à côté du banc de bois, la tête penchée vers sa radio,
    Il suit de près le tour de France

    Ça c’est un tableau bizarre
    La voix du speaker qui annonce
    Par bribes stridentes, les évolutions de l’étape
    Cette voix le retient-il à la vie ?

    Cet homme a peur
    Il voit sa vie s’assombrir malgré les commandes de son cerveau
    Il se résigne parfois
    Mais un nouveau désir de vivre le réveille et remue le couteau

    Et dans un rêve un peu fou
    Il soupire et chancelle
    Il soupire et chancelle, se remet en selle
    Il soupire comme dans ses rêves
    Dans son tableau bizarre

    Ça c’est un tableau bizarre
    Cet homme dans la chaise roulante
    Juste à côté du banc de bois, a mis des lunettes de soleil
    Est-ce le soleil qui le gêne ?

    Ça c’est un tableau bizarre
    Le vainqueur est annoncé
    Il éteint sa radio et ne veut pas que je soupçonne
    Le désarroi dans ses yeux

    Mais vas-y mon vieux
    Crie ta haîne au monde, pourquoi t’a-t-on cloué dans cette chaise immonde ?
    Y-a-t-il un bon dieu ?
    Sur cette terre ronde qui daigne se montrer avant que tu ne tombes

    Et moi, je reste là
    Moi, j’ai envie de t’entendre
    Crie que tu existes, que la vie est belle
    Que la vie est belle même si elle n’est pas rose
    Dans ton tableau bizarre

    Soleil de plomb

    Soleil de plomb du haut de la colline
    Son étalon a trouvé l’hiver long
    Désir dans une poche, charme dans l’autre
    Le canon moulé dans son jean, il se radine
    Tout doux, tout spleen
    Ligotant son fardeau, il pense à l’ami Jo
    Le vendeur de peaux

    La lourde du café claque d’un coup de pied
    Le barman hébété garde la main levée
    Il commande un Bourbon et s’accoude au comptoir
    L’instinct de la haine pétrifie les regards
    Tout doux, tout spleen
    Boutonnant son Denim, il siffle l’étalon (Un coup d’éperon)

    Gentes dames folles de lui
    Le sourire du paradis
    Conquérir l’original
    Vivre la quête du graal
    Dans ta colline
    Rends-les coquines
    Sors ton canon, tes munitions

    Chargé du tribu de sa campagne
    Son étalon se fond dans la montagne
    Ne pleurez plus, gentes dames
    Il reviendra tout feu, tout flamme
    Tout doux, tout spleen
    Il reviendra promis embraser vos nuits
    Vos longues nuits
    Vos longues nuits
    Trop longues nuits

    Pour écouter l’album Surprise, cliquer ici

    © Tous droits réservés par Lo Pailhès

  • Article de Lo – Une chanson, c’est quoi ?

    Article de Lo – Une chanson, c’est quoi ?

    Une chanson, c’est une idée fugace, fulgurante, qui transperce le réel par surprise et vous laisse choir, pantelant, sans autre issue que de la faire vivre.

    A la relecture de cette phrase que j’ai écrite et épinglée sur mon mur virtuel un peu comme une affiche, elle m’évoque une naissance. Une nécessité…

    Et pourtant, tant de nécessités qui ne voient pas le jour ou qui meurent étouffées par un réel trompeur et anthropophage. La réalité s’alimente du besoin de créativité, alors que c’est l’expression de la créativité qui devrait façonner le réel.

    Stupidité ou monde mal fait, la raison du plus fort est toujours la meilleure. Le plus fort passe en force et la fragilité s’efface. Et quand le plus fort se retrouve seul et rassasié, il cherche son âme sœur, celle qu’il a écrasée en faisant semblant de n’y être pour rien.

    Alors, quand on parle de responsabilité, la seule responsabilité qui vaille est celle de veiller à laisser la porte au moins entrouverte pour que la lumière puisse s’y glisser une fois qu’elle n’aura plus peur de vous.

    Une chanson, un éclair ou une simple expression de beauté pourra alors prendre forme et elle n’appartiendra qu’à vous.

    Au moins au début, parce qu’ensuite il faudra bien la partager, et chercher celles et ceux qui y seront sensibles au point de vous aimer.

    Je suis un jester un peu âgé, j’ai décliné le passage en force de mes aînés, je vous ai cherché partout. Où êtes-vous ?

    Lo

  • Article de Lo sur une chanson de Lou Reed

    Article de Lo sur une chanson de Lou Reed

    « I’ve got a hole in my heart, the size of a truck, and it won’t be filled by a one night fuck ».

    Lou Reed pouvait faire tourner le même riff pendant vingt minutes et imposer la formule sur un album (Ecstasy, 2003).

    Sur la chanson Like a possum, il jette des formules de texte n’ayant rien à voir entre elles sur le plan de la sémantique. Ce n’est pas une histoire, c’est une ambiance, un point de chute tellement précis que les multiples éclats de pensée qui l’animent prennent une forme entre eux.

    La cohérence dans l’incohérence.

    Y’a qu’à voir : « Bonjour, c’est le jour de l’opossum. Je me sens comme un opossum de toutes les façons » ou bien « Mon sourire est de plomb, ma démarche en caoutchouc. Et je suis calme comme un ange » et « Assis dans un virage, je lance une pierre juste au moment où le camion de la boucherie passe. C’est bien ma chance, je suis le seul à rester debout. » et encore « J’ai un trou dans mon cœur de la taille d’un camion. Et il ne sera pas rempli par un coup d’une nuit ».

    Rendez-vous compte par vous-même, allez écouter ces chocs.

    Ils prennent vie sans cesse dans la chanson Like a possum sur l’album Exctasy de Lou Reed.

  • Article de Lo – Un truc de loup de mer du rock

    Article de Lo – Un truc de loup de mer du rock

    Un truc de loup de mer du rock : ne pas chercher le riff.

    « Un riff est une courte phrase musicale, à la mélodie simple et au rythme marqué, répétée par un instrument. »

    Le riff permet d’installer confortablement une chanson et ouvre de multiples possibilités pour les arrangements. Trouver un riff est une des quêtes du songwriter. Or, comme pour beaucoup de choses sensibles, plus on cherche et moins on trouve !

    Pour ma part, je joue jusqu’à ce qu’il vienne, encore et encore, en faisant toujours confiance au texte. À un moment, il va se passer quelque chose, un moment unique, qui sera celui de la chanson.

    Attendre l’inspiration, c’est comme attendre la vague.  Tu attends, tu attends, tu te mouilles, tu bois la tasse, jusqu’au moment où l’instant tant espéré pointe le bout de son nez.

    Attendre l’inspiration, c’est comme attendre un signal. Comme ces antennes qui captent les ondes attendues.

    Et c’est là que rentre ensuite la technique. Elle met en valeur l’inspiration. Quoi qu’il en soit, la technique ne crée pas, elle sert.

    Chercher le moment magique, la grâce, est un processus long et parfois infructueux.

    Et pourtant, ces hall d’entrées, ces salles d’attentes, ces transit aériens, ces longs voyages en train, ces entre-deux sont autant de paliers nécessaires pour accéder à une nouvelle fenêtre d’une incroyable beauté.

    Sur la chanson Capitaine, de l’album Echos, sont présents trois riffs  : deux sur le couplet et un sur le refrain. Saurez-vous les reconnaître ? C’est par ici :

    Ou par là :

    Album Echos

    Bonne écoute,

    Lo Pailhes