Auteur/autrice : laurentpailhes
-

That is the question en couleur
Crayon à papier 2B, crayons de couleur gras, encre de Chine noire / 24 * 32 cm
-

Chronique dans Le Courrier Vendéen, par Franck Fischbach
Paradox (Lo Pailhès)
Doit-on encore vous présenter Lo Pailhes ?
Une voix reconnaissable entre mille, des textes, et un rock parmi la crème de ce qui se chante dans la langue de Molière.
Quand on écoute Lo Pailhes, on sait que l’on a peu de chances d’être déçu !
Son univers parfois sombre ne s’ouvre pas forcément au premier venu, et demande de l’attention. Mais si vous tendez l’oreille, il est probable que l’alchimie se fasse…
L’artiste est de retour avec Paradox, son quatrième disque (deux albums et deux EP).
Cet autodidacte, auteur compositeur et interprète depuis 1994 est notamment le fondateur de The Black Radish. Et c’est en 2013 qu’il se lance véritablement en solo.En 2016, il nous avait particulièrement séduit avec son album Surprise, et le coup de cœur s’était confirmé trois ans plus tard avec Echos.
Bref, en résumé, Lo Pailhes est une valeur sûre. L’album est disponible depuis le 15 avril, distribué par CD Baby.
Franck Fischbach pour Le Courrier Vendéen
1er mai 2023Pour écouter et acheter l’album, cliquer ici
-

Nouvelle vague, Chronique de Céline Dehédin
Lo Pailhès est enfin de retour avec “Paradox”.
Compositeur depuis 1994, Laurent s’essaye à travers ce nouvel album à un style plus électro rock.
“Donne-nous une chance” comme une promesse d’amour sincère, résonne de cette tendance musicale.
Puis, “L’actrice”, sur fond de banjo, distille un rock aux accents pop.
L’écoute continue sous des airs théâtraux à travers “La comédie” et dépeint la fausseté des sentiments dans une relation amoureuse qui s’étiole. La voix suave de Lo, qui monte alors dans les aigus, vous fait frissonner.
Cette tessiture vocale très Lou Reed, fait écho à la ligne de basse qui rythme les neuf titres de l’album avec délicatesse.
“Nuit noire” et “Gris tendance” posent quant à eux des proses très baudelairiennes.
L’album Paradox vous fait voyager entre songe et réalité, un univers qui n’est pas sans rappeler celui de Bashung.
Lo Pailhès, cinglant et écorché, entérine définitivement sa réputation de songwriter rock.
Nouvelle Vague
Céline Dehédin
12 avril 2023
Pour écouter et acheter l’album, cliquer ici
-

Zicazic, Chronique de Fred Delforge
Après pratiquement trois décennies passées sur la scène rock avec des groupes comme The Black Radish ou Aeroflot, Lo Pailhès n’a rien perdu de ses envies de musique et de composition, des exercices qui lui tiennent à cœur et qu’il exécute avec détermination, ajoutant une corde de plus à son arc avec le dessin, un art dans lequel il fait également montre de très beaux talents.
Après « Echos », son album publié en 2019 et bien accueilli par la presse et par les radios, le chanteur et guitariste reprend du service pour un nouvel effort mis en boite avec Vincent Ouriet à la basse et Guillaume Bonnet à la batterie, ce dernier accompagnant également l’artiste sur scène avec à ses côtés Gérard Roustan pour compléter la section rythmique.
Marchant toujours insidieusement dans les pas de Lou Reed, Lo Pailhès n’hésite jamais à s’offrir des effets de style beaucoup plus personnels pour mieux s’installer dans une dimension où le rock français et francophone est à l’honneur avec des guitares bien tranchées et des arrangements complètement dans l’air du temps, quitte à flirter par moments un peu plus que de raison avec l’electro.
On retrouve sur « Paradox » des accents qui ne sont pas sens rappeler des précurseurs comme Lili Drop, Taxi Girl ou même les premiers ébats d’Indochine, parfois mélangés avec l’exubérance plus contemporaine de Katerine et avec de véritables déferlantes sonores qui nous rappellent que le rockeur n’a pas froid aux yeux et qu’il est bien décidé à prendre des risques pour réussir à proposer des albums qui sortent du lot.
Il suffit de s’arrêter un instant sur des compositions comme « Donne-nous une chance », « Nuit noire », « Minuit dans l’autre monde », « La vie en Porsche » ou « Une nouvelle idée » pour s’en convaincre durablement et pour comprendre qu’entre le rock et Lo Pailhès, c’est un peu comme un pacte à la vie à la mort …
Bien malin celui qui arrivera à s’en détacher après une seule écoute tant il y a de bonnes choses à l’intérieur !
Fred Delforge
6 avril 2023Pour écouter et acheter l’album, cliquer ici
-

La Magic Box, toute l’actualité du Pop Rock Indé
LE SONGWRITER LO PAILHES SORT UN SECOND ALBUM
Quatre ans après « Echos » et six ans après son EP « Surprise », le chanteur sort « Paradox », un nouvel album de neuf titres.
A l’instar de « Une nouvelle idée », le nouveau single, l’artiste met du Rock et de l’intensité dans ses chansons, dans un style assez incomparable, si ce n’est peut-être avec le regretté Dominic Sonic.
Ainsi, sur le morceau « Donne-nous une chance », par exemple, les guitares électriques saturent sur des mots empreints de poésie et de mélancolie.
L’album « Paradox » est sorti en mars et l’artiste le présente sur scène, principalement dans le sud de la France.
Avril 2023
Pour écouter et acheter l’album, cliquer ici
-

Rock Made in France, Chronique de Hervé Devallan
On reconnaît la voix de Lo Pailhès entre mille. Son rock sombre en sort grandit, auréolé d’une vraie audace.
Les chansons rock de Lo Pailhès résistent à une première écoute. Mais s’ouvrent au monde dès la seconde grâce à ses mélodies crépusculaires.
Son monde n’est pas forcément joyeux, même si le soleil de sa Provence d’adoption donne une vraie couleur à sa musique.
Il faut dire que l’homme maîtrise son art, lui qui fonda le groupe de rock The Black Radish en 1994, puis toujours à Paris, un trio au style jungle rock. Ensuite, direction Marseille où il devient auteur et chanteur pour la formation Aeroflot.
Ce n’est qu’en 2013 qu’ii démarre une carrière solo dont « Paradox » est le deuxième épisode long après deux EP impétrants.
De son passé, il garde le goût des guitares appuyées qu’il panache désormais d’un songwriting tranché que cisèlent des mélodies sur le fil du rasoir.
Un équilibre précaire qui bascule toujours du bon côté, celui d’un rock chanté en français prouvant que audace et personnalité font bon ménage.
Hervé Devallan
21 mars 2023
Pour écouter et acheter l’album, cliquer ici
-

Textes – Album Paradox
Donne-nous une chance
Derrière les vagues du silence
Il y a des lueurs d’espoir
Qui n’demandent qu’à rallumer ton essence
Cachée à l’intérieur de ton tiroirDonne, donne-nous une chance
Une chance, une seule chance de te voir (bis)Et si d’aventure, tu regardes
Par le trou de la serrure, du coin de l’œil
Tu verras des gens qui attendent
Que t’aies fini de croire d’être seulDonne, donne-nous une chance
Une chance, une seule chance de te voir (bis)Par delà les murs, les chimères
Te plongent dans un profond sommeil
Elles te laissent une armure et de la poussière
Et emportent avec elles le soleilDonne, donne-nous une chance
Une chance, une seule chance de te voir (bis)L’actrice
Tu ressembles à une actrice de science friction
Tu sembles tout droit sortie de nulle part
Tu te demandes comment attirer l’attention
De celle ou de celui qui saura te donner une part
De ce monde où tu déhanches négligemment
Un pantalon qui colle et qui serre ta peau
Tu as bien éprouvé le contact du firmament
Et tu te demande s’il existe de plus beaux cadeauxDans la rue comme dans le métro tu souris nerveusement
Quand il n’y a plus de connections avec l’univers
Et tu t’agites sur un téléphone intelligent
Pour que s’ouvrent à nouveau tes multivers
S’ouvrent tes multivers (bis)Tu sembles tout droit sortie d’un film d’anticipation
Avec tes tics et tes tocs et tout ton réseau tic toc
Tu prendrais volontiers les rennes de ce monde en perdition
Tu contestes toutes ces décisions de bric et de brocTu te demandes comment tu vas pouvoir survivre
Face à autant de regards insistants
Qui te déshabillent et qui te poursuivent
Sur le chemin de ton chez toi aimant
S’ouvrent tes multivers (bis)La comédie
Attends-moi sans bruit
Une fois qu’ils seront partis
Ne dis rien, ne réponds pas
Aux questions que tout le monde se poseDepuis quand la comédie la nuit
Depuis quand tu t’effaces pour rireNe dis rien qu’un court instant
Le rêve atteint, nous aurons tout le temps
De parler comme on veut
Et non comme on le voudraitDepuis quand la comédie la nuit
Depuis quand tu t’effaces pour rireC’est le moment de me dire oui
Bientôt sans eux, ils devront bien s’y faire
Et tant pis pour ceux qui nient
Qui voudraient bien un peu de nos idées clairesDepuis quand la comédie la nuit
Depuis quand tu t’effaces pour rireNe dis rien qu’un court instant
Le rêve atteint, nous aurons tout le temps (ter)Nuit noire
Il fait trop noir
Il fait trop nuit
Sur le tableau
De nos enviesPas assez d’eau
Et toujours la faim
Y’a des nantis
Et ceux qui’ont rienSur le tableau du désespoir, j’ai cru voir l’autre jour ton regard
Le désespoir
N’est pas rentable
Asseyons-nous
Autour d’une tableUn continent
Tombe tout entier
Au fond de la faille
De l’humanitéSur le tableau du désespoir, j’ai cru voir l’autre jour ton regard
A l’horizon
2028
Il sera trop tard
Pour qu’on s’éviteSur le tableau du désespoir, j’ai cru voir l’autre jour ton regard
Sur le tableau du désespoir, je suis revenu pour te revoirGris tendance
Tes idées sombres tournent au gris
Quand de ta tombe, tu me souris
Et tu penses à ces gens qui cavalent
Et à ceux qui des couleuvres avalentToi, ce sont les vers qui te rongent
Maintenant que tu n’as plus que des songes
Pour te relier à la vie
Le noir et le renfermé, ça sent la suieTu n’as plus que ton âme et pourtant
Les sensations sont vives dans ce grand placard
Où tu te déplaces instantanément
Libre de ce grand corps lourdJe ramènerai du fond des quelques pieds qui nous séparent
Tes demandes, ta plainte et ton regard
Pour qu’ils puissent prendre l’air quelque temps
Et mieux s’arranger de leur nouvelle demeureEt si un jour tu reviens de ton périple sans fin
Physiquement sentant, quelle apparence prendras-tu ?
Serais-je toujours amoureux des formes qui auront renait de tes cendres ?
L’absence est douloureuse en ce sens que tu me manquesTu n’as plus que ton âme et pourtant
Les sensations sont vives dans ce grand placard
Où tu te déplaces instantanément
Libre de ce grand corps lourdOù es-tu maintenant ? Dans l’espace, dans le temps
Où es-tu maintenant ? Aurais-tu disparu ?Tu n’as plus que ton âme et pourtant
Les sensations sont vives dans ce grand placard
Où tu te déplaces instantanément
Libre de ce grand corps lourdMinuit dans l’autre monde
Il est minuit dans l’autre monde
Un nouveau jour se dessine
Souffle encore sur la pleine lune
Son pâle halot de brume
A qui veut s’en saisir
A qui veut s’en saisirUne photographie numérique ou argentée
Fige le moment où le passé s’est éteint
Elle, elle est clouée
Elle, elle est clouée sur un meuble à dessin
A qui veut s’en saisir
A qui veut s’en saisirIl est minuit dans l’autre hémisphère
Un dragon a relâché de ses serres
Le nouvel an en ChineIl est minuit dans l’autre monde
Il est minuit dans l’autre monde
Il est minuit
MinuitLa vie en Porsche
J’aimerais tant rouler en Porsche pour me montrer sur la corniche
Défier les lois de la nature et de l’adhérence à l’asphalte
J’aurais les pneus qui vont bien et toutes les options qui évitent
Les erreurs de conduite, les erreurs de conduite, j’ai tant besoin de me racheter une conduiteLe moteur vrombirait à ma commande, mon pied droit serait le roi du monde
Je parlerai de l’effet sur les filles aussi mais un p’tit peu plus tard
J’aurais le look qui va bien et toutes les options qui corrigent
Les erreurs de conduite, les erreurs de conduite, j’ai tant besoin de me racheter une conduiteMême plus peur de la mort, plus fort que la douleur, mon bolide me suivrait partout
Il anticiperait mes envies de plus loin, mes envies de plus vite, j’aimerais tant avoir une Porsche
Mais pas n’importe laquelle, celle qui en jette, cette qui attire les convoitises
Celle qui attire les gens, celle qui attire les filles, j’aimerais tant connaître l’amourJ’aimerais tant rouler en Porsche pour me rendre aux rendez-vous que j’ai pas
Mais c’est pas grave, tu verras, quand j’aurai une Porsche, j’aurai des rendez-vous
J’aurais la montre qui va bien et toutes les options qui évitent
Les erreurs de conduite, les erreurs de conduite, j’ai tant besoin de me racheter –refaire- une conduiteCette chanson va faire un carton, faudra qu’je pense à les appeler chez Porsche
Pourraient peut-être m’en offrir une avec mon nom écrit sur la portière
J’aurais le sourire qui va bien et toutes les options qui évitent
Les erreurs de conduite, les erreurs de conduite, j’ai tant besoin de me racheter une conduiteMême plus peur de la mort, plus fort que la douleur, je suis l’homme invincible
Même plus peur de la mort, plus fort que la douleur, je suis l’homme invisibleMême plus peur de la mort, plus fort que la douleur, mon bolide me suivrait partout
Il anticiperait mes envies de plus loin, mes envies de plus vite, j’aimerais tant avoir une Porsche
Mais pas n’importe laquelle, celle qui en jette, cette qui attire les convoitises
Celle qui attire les gens, celle qui attire les filles, j’aimerais tant connaître l’amourChina Mobile
Marteaux-piqueurs que tu entends
Ville clinquante défoncée
Ces fantômes neufs n’ont pas de dents
Foules pousse-pousse, jambes éclopéesTu ne cries pas le corps absorbe
Les rues ont les saisons du corps
Tu changes de pas, tu te résorbes
Dans le bazar, un corridorPour les distances, m’avait-on dit
Tes deux mois passeront en dix jours
Soit l’espace-temps nécessaire
Pour couvrir le plein soleil orange
Que tu verras le jour sur les périphériques (bis)Accumulation d’Orients
De chaleur et de postures
Et tous ces corps en mouvement
Qui ne la ramènent pas, mais qui hurlentLe silence existe parfois
Dans un temple, dans un jardin
Un violoniste en robe de soie
Te fera signe de la mainPour les distances, m’avait-on dit
Tes deux mois passeront en dix jours
Soit l’espace-temps nécessaire
Pour couvrir le plein soleil orange
Que tu verras le jour sur les périphériques (bis)Pluie d’orage gris couvercle
La pollution comme le seul amour
Les pagodes fument, la brume t’encercle
Il pleut de la terre mais il fait jourEn vert et blanc éclairé “China Mobile”
La Cité interdite élève ses murs jusqu’au ciel
Des milliers de climatiseurs immobiles
S’activent le long des gratte-cielPour les distances, m’avait-on dit
Tes deux mois passeront en dix jours
Soit l’espace-temps nécessaire
Pour couvrir le plein soleil orange
Que tu verras le jour sur les périphériques (bis)Une nouvelle idée
Je ressors avec ma vieille combinaison et un parapluie
Les averses sont acides et les larmes amèresTout est gris dehors, même toi la nuit
Depuis que l’on se base sur de fausses hypothèsesTout est sans saveur maintenant depuis que les plus puissants fuient
L’échéance incertaine de leurs vies en méprisant celle des autresJ’ai bu trop de café, avalé trop de fumée et de couleuvres
Pour prendre des vessies encore pour des lanternesJ’ai pris le temps de t’écrire sur du papier, l’encre coule encore dans certaines plaines
Où de là partira peut-être une nouvelle idée qui redonnera de la couleur à nos vêtements
Clairs…Je ressors avec ma vieille combinaison et un parapluie
Les larmes sont acides et les averses amèresEt j’ai bu… et j’ai soif…
Accords frappés
J’ai pris le temps de t’écrire sur du papier, l’encre coule encore dans certaines plaines
Où de là partira peut-être une nouvelle idée qui redonnera de la couleur à nos vêtementsClairs…
J’ai pris le temps de t’écrire sur du papier, l’encre coule encore dans certaines plaines
Où de là partira peut-être une nouvelle idéeUne nouvelle idée… (ad lib)
Pour écouter l’album Paradox, cliquer ici
© Tous droits réservés par Lo Pailhès
-

Chronique de Le Courrier Vendéen, par Franck Fischbach
Le son du samedi : Echos (Lo Pailhès)
Lo Pailhès est de retour avec un album : Echos. 12 titres pour nous emmener dans son univers. Indéniablement notre son de la semaine.
La sortie de cet album, il y a quelques mois (en mars dernier) sonne en quelque sorte comme des retrouvailles. Car Lo Pailhès, nous avions eu l’opportunité de le découvrir en 2016, à travers un EP intitulé Surprise. D’ailleurs, nous vous en parlions déjà ici.
Nous avions alors aimé son univers tout en spleen, ses mots qui tapaient juste. Mais avec cette cruelle sensation de « trop peu » ! Il faut dire qu’avec six morceaux, aussi qualitatifs qu’ils soient, on fait vite le tour de la question.
Mais ça, c’était avant ! Car désormais, Lo Pailhès sort l’artillerie lourde ! Fini les EP ! Place à un véritable album, et à ses 12 titres qui vont, croyez nous sur parole, vous en donner pour votre argent !
Songwriter et « vieux routard »
Mais qui est donc ce jeune talent, ce nouveau venu sur la scène musicale française ? Oh là, pas si vite ! Car notre homme est loin d’être un débutant. On peut même dire qu’il a roulé sa bosse ! Et ce depuis un quart de siècle, s’il vous plait !
Lo Pailhès est notamment le fondateur de plusieurs groupes de musique : on pense évidemment à The Black Radish qu’il a fondé au début des années 90… Mais on pourrait aussi citer le groupe marseillais Aeroflot.
Oui mais voilà : en 2013, notre artiste du jour se fixe un nouveau cap, et décide de se lancer dans LA grande aventure ! Un parcours en solo dont la première page s’écrivait avec un premier EP, Du Nouveau. Et puis, en 2016, il était de retour avec un second EP intitulé Surprise.
Quand Lou Reed rencontre Baudelaire
Et voilà ! Nous y sommes !
Nouveau disque, nouvelle expérience, mais du 100% Lo Pailhès, sans additifs et sans OGM ! Ici, bien évidemment, nous allons retrouver son rock à texte et ses mélodies crépusculaires. La musique est juste, mais les paroles sont puissantes, à moins que ce ne soit le contraire.
Un peu comme si Lou Reed et Baudelaire décidaient de faire un bout de chemin ensemble.
Cette galette de platine se divise donc en douze plages. Aux titres aussi évocateurs que Le Train, Qu’elles montent toutes, Capitaine, Du Nouveau ?, Ami, Je Vous Ecris, Je ne pourrais pas vivre à Berlin Est, Grisaille, Nos Afriques ou Lève-Toi. How it is fait office de chanson anglophone de l’album, quand A Phu Quoc vous fait voyager au Viet-Nam.
La remarque valait pour l’EP Surprise, mais pourrait être copiée-collée ici : la musique de Lo Pailhès n’est pas qu’auditive, elle est aussi visuelle. Et en prenant un peu de temps pour nous, on a comme une envie de laisser l’ami Lo nous mettre des images plein la tête…
Echos, par Lo Pailhès, chez Tunecore. L’album est également disponible sur plus de 360 plate-formes numériques, dont les très connues iTunes, Fnac, Deezer, Virgin…
Franck Fischbach pour Le Courrier Vendéen
23 Novembre 2019Pour écouter et acheter l’album, cliquer ici
-

Le Deblocnot’, Chronique de Rockin JL
Lo Pailhès : chronique de Rockin JL – Le Deblocnot’
Nos quelques (millions de) fidèles lecteurs s’en souviennent peut être, nous avions déjà croisé la route de Lo Pailhes dans ces colonnes fin 2016 à l’occasion de la sortie d’un 6 titres (/lo-pailhes-surprise ), une chronique qui se concluait par la mention « à suivre ». Et justement ici nous aimons suivre les artistes que nous apprécions, c’est donc avec plaisir que nous le retrouvons avec cette fois carrément un 12 titres, dont il signe tous les textes, musiques et arrangements, chante et tiens les guitares. Il est seulement accompagné d’une section rythmique composée de Vincent Ouriet (basse) et Jules Pelletier (batterie) et le tout est mis en boite par Alex Serieis (Studio Medusa Prod, Marseille).
Je vous parlais la semaine dernière du quimperois Dominique Le Bars et son « rock à textes » et voici un point commun à ces deux auteurs compositeurs : l’importance accordée aux paroles, plus dans le surréalisme et l’expérimental chez le breton, plus dans le coté raconteur d’histoires pour Pailhes mais dans les deux cas un vrai travail d’écriture et une intelligence qui condamne ces obsédés textuels à être bannis des plateaux télés et radios grands publics et à ne pas remplir Bercy de milliers de crétin(e)s décervelé(e)s (et ça c’est plutôt positif).
Mais trêve de digressions, revenons à nos moutons,ou plutôt des cochons Vietnamien, puisque le premier titre nous envoie « à Phu Quoc », la plus grande ile du Vietnam, réputée pour sa sauce nuoc mâm. J’aime bien les auteurs qui ont le don de vous faire voyager en quelques lignes et c’est le cas ici, les images sont fortes (Il y a quelque chose d’un autre voyageur friand d’Asie: le Gerard Manset de « Royaume de Siam »), le chant parlé/chanté incantatoire avec une petite pointe d’accent du Sud, accompagné d’un rock dépouillé et efficace.
Le voyage toujours avec « Le train » (tiens encore un truc qui me fait penser à Manset (« le train du soir », hasard ou coïncidence) , rupture et poésie sur le fil et métaphysique à grande vitesse (« la vitesse raccourcirait l’effet du temps/cela doit pouvoir se vérifier dans une des théories quantiques »).
Autre moyen de transport, le bateau, même si là le voyage se termine en naufrage et en procès, la faute à un « Capitaine » de pacotille, histoire inspirée du Titanic ou plus prés de nous sans doute du naufrage du Costa Concordia en 2012 (« tandis que le vaisseau flirte avec la roche d’une ile/ le capitaine jouit dans une maîtresse empruntée au hasard »).
Constat sombre sur la société mercantile dans « Du nouveau » (« la disponibilité de mon cerveau est largement exploitée par les commerçants du monde entier qui veulent me piquer mon oseille ») , et conclue par un peu d’autodérision « j’abrège les souffrances d’une chanson trop longue à écouter et pourtant impossible à écouter ».
Voyages, migrations, transports encore « Ami » qui évoque les migrants et leurs désillusions « le malin rode et à défaut d’avoir pu faire chavirer ce semblant de navire il a installé des barbelés sur notre chemin » mais le plus beau texte est sans doute « Je ne pourrais pas vivre à Berlin Est » / j’aurai trop peur que du jour au lendemain qu’ils reconstruisent un mur/je devrai alors me salir les mains/ à creuser un tunnel improbable/ pour courber le sens du futur ». Peut être là dedans un clin d’oeil à « Berlin » album mythique (1973) d’un certain Lou Reed, une des références et influence palpable de Pailhes… Pour moi la chanson forte de l’album, et une guitare folk/ swing manouche / gypsy du meilleur effet, un tube en puissance (enfin si les programmateurs écoutaient des disques au lieu de passer bêtement ce que leur envoie les majors contre rétribution..).
Encore un super texte que « Nos afriques » – le seul que ne signe pas Pailhes, il est de Pierre Michel – voyage en « des rades noirs où guettent des vampires/ et des cadavres fous qui s’ennuient de leur transes ».
Voila pour mes titres favoris, mais les autres aussi valent le détour, pour ce disque qui nous aura fait voyager, de l’Asie à l’Afrique en passant par Berlin, sans oublier les voyages intérieurs et imaginaires, avec des textes forts, poétiques et parfois hallucinés, au spleen Baudelairien et aux escapades Rimbaldiennes.
A découvrir d’urgence.
ROCKIN-JL
06/06/2019Pour écouter et acheter l’album, cliquer ici






























